• 44ème RAGBR: vent, froid, et nuages!

    Quelles furent difficiles ces 44ème RAGBR ... Pourtant nous étions nombreux à avoir trouver le courage et la motivation d'aller braver le froid annoncé pour cette cession !

     

    Le rendez vous est fixé dans l'après-midi pour commencer les observations avec le Soleil. A mon arrivée je découvre quelques instruments déjà montés et notamment Michel qui a installé une Solarscope de 60 mm dans laquelle j'ai pu admirer quelques belles protubérances. Je garde en mémoire la vision du Soleil à travers sa tête binoculaire qui m'a offert une magnifique image toute en relief de notre étoile. Merci Michel !

     

    RAGBR-44-michel-soleil.jpg

     

    Petit à petit les astrams arrivent et couvrent le champ de télescope, en majorité des Dobsons. Vincent équipe son 300 mm d'un filtre solaire à pleine ouverture et malgré le vent et la turbulence nous parvenons à détailler les quelques petites taches solaires qui parent actuellement notre astre du jour. 

    RAGBR-44-vincent-soleil.jpg

    Alors que le Soleil s'approche de l'horizon le flux d'arrivées s'intensifie. Nous faisons connaissance avec les "nouveaux" et constatons avec plaisir que ces RAGBR attirent de plus en plus de monde. Nous serons au plus fort de la soirée pas loin d'une trentaine.

    RAGBR-44-presentation.jpg

    La nuit commence à tomber, le vent qui devait se calmer selon la météo est toujours là ... Cela nous inquiète car sans le Soleil la température baisse en peu de temps et ce petit souffle qui circule entre les télescopes intensifie la sensation de froid. Pire encore, les quelques bandes de cirrus qui zèbrent le ciel s'épaississent et les zones dégagées se font de plus en plus rares ...

    La brillante planète Jupiter tire son épingle du jeu et malgré les voiles diffus qui tentent en vain de la masquer elle se révèle tout à fait intéressante à observer dans les télescopes. La grande tache rouge passe au méridien jovien et nous testons différents filtres colorés pour augmenter son contraste. Autour d'elle les détails sont nombreux, les bandes équatoriales sont riches en nodosités brillantes ou sombres. Ce qui est surprenant c'est qu'avec le vent on ne s'attendait pas à une image aussi stable, enfin ... quand le télescope ne vibre pas !

    RAGBR-44-T500.jpg

                      Le télescope Dobson Factory de 500 mm de Yann, le plus gros diamètre de ces rencontres

    Comme Benjamin (notre chef étoilé officiel) a du déclarer forfait à cause d'une grippe tenace (nous avons tous une pensée pour lui, bon rétablissement !) le repas est pris sur le pouce et le sandwich est vite englouti. Désormais le ciel profond nous appelle mais par quoi commencer, telle est la question car les nuages ne laissent pas beaucoup de constellations dégagées. L'Eridan semble pas trop mal donc, hop, c'est parti !

    Direction l'étoile Nu Eridani (3,93m). Juste à côté de cet astre lumineux se trouvent trois petites galaxies très discrètes, il s'agit de NGC 1625 (12,6m), NGC 1622 (13,1m) et NGC 1628 (13,4m).  Ce qui est intéressant dans ce trio c'est la fait que deux des trois galaxies sont très allongées et la troisième est ovalisée mais bien étirée quand même. Donc nous avons trois petits "fuseaux" dans le même champ de vision. Afin de les distinguer le plus clairement possible nous utilisons le Sumerian optics de 450 mm de Denis et à travers le Nagler 22 mm les trois galaxies sont bien visibles quoique NGC 1628 est plus ardue. NGC 1625 est très jolie, bien étirée, elle comporte une petite étoile faible sur son disque. NGC 1622 lui ressemble mais son noyau est plus compact et brillant. NGC 1628 présente une disque ovalisé, pâle et uniforme.

    ngc 1625 -1622 - 1628 galaxies

                                                     NGC 1625, 1622 et 1628 - Galaxies dans l'Eridan
                                             Télescope Sumerian Optics de 450 mm à 86x (Nagler de 22 mm)
                                                                        Rians la Verdière (04)

    Je propose ensuite à Denis de rester dans l'Eridan et de pointer la belle spirale NGC 1300 mais les nuages rappliquent dans cette zone un peu basse sur l'horizon. Vincent propose à son tour une cible et nous partons sur la petite nébuleuse planétaire IC 418 du Lièvre afin de de voir le célèbre liseré rouge qui pare sa bordure d'après certains observateurs. Mais l'observation n'est pas évidente, le télescope vibre sous l'effet des rafales et l'objet manque trop de stabilité pour effectuer une observation minutieuse, on laisse tomber.

    Le Grand Chien se dégage à son tour et je décide de retourner sur mon Obsession de 381 mm pour tenter un de mes challenges de la soirée, être le premier à percevoir visuellement la nébuleuse que j'ai découvert quelques mois auparavant, c'est à dire FER 3. Mais à peine ai-je localisé la zone où elle se trouve que les nuages s'emparent de ce coin du ciel ... Décidément la météo joue avec nos nerfs ce soir !  

    La seule zone qui reste à peu près dégagée est celle de la constellation d'Orion donc avec Vincent nous filons vers la nébuleuse M78. Nous avons en tête de trouver la minuscule nébuleuse Mac Neil qu'une étoile en train de naître a soudainement illuminé il y a une dizaine d'années. Mais l'objet est trop faible pour nos télescopes de 300 et 381 mm. Par contre M78 est magnifique, la nébuleuse révèle des détails avec un peu d'attention, et elle apparaît entourée de quelques autres petites zones diffuses détachées.

    M78 nebula

    M78 - Nébuleuse dans Orion
    Télescope Obsession de 381 mm à 171x (Ethos de 10 mm)
    Rians la Verdière (04)

    Se sera malheureusement mon dernier dessin ! La suite de la soirée va ressembler à un jeu de "cache cache" avec les nuages où aucune zone du ciel ne restait claire et nette plus de 10 minutes. Les courageux astrams venus affronter le froid et le vent ne sont pas vraiment récompensés. La température affiche -4°C mais le ressenti est proche de -10°C à cause du vent. Les doigts et les pieds sont congelés malgrés les couches de protection, les yeux pleurent tout seuls dès qu'on les laissent ouverts trop longtemps. Tout cela est bien pénible à supporter, du coup le champ se vide petit à petit. Avant de partir à mon tour je jette quelques coups d'oeil dans les gros Dobsons, je profite de quelques belles visions : Les nervures sombres de la nébuleuse de la flamme NGC 2024 dans le 450 mm de Denis, les bras spiraux de M51 évident en vision directe dans le 500 mm de Yann.

    En nous quittant nous pensons déjà aux prochaines rencontres en mars, la température sera certainement meilleure qu'aujourd'hui. Nous nous disons donc à bientôt !

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  • Commentaires

    1
    Dimanche 24 Février 2013 à 23:30

    Merci beaucoup ! J'espère que le prochain CROA des RAGBR sera plus riche en dessins qu'en descriptifs d'aléas météo !

    2
    Dominique bernard
    Mardi 16 Avril 2013 à 21:11
    Merci pour ce compte rendu très vivant et glacial !

    Toujours fan de vos dessins.
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