5ème jour
Nous voilà mercredi. La marche de la veille a laissé des traces dans les organismes et nous choisissons de passer une journée de plein repos. Cela me convient parfaitement car ma cheville gauche est endolorie à cause d'une éguille de cactus qui est venue s'y loger durant notre escapade. La seule agitation de la journée sera un court tremblement de terre, annoncé par un grondement sourd qui s'est rué sur nous comme une onde et a poursuivi son chemin vers les hautes Andes. C'est émouvant de sentir notre planète respirer, sensations garanties !
Encore un succulent repas concocté par Nadine, ici c'est le paradis !
L'après-midi Raymond me propose de venir faire un tour en 4x4 au village du Romeral histoire de faire un ravitaillement et de prendre l'air. C'est vraiment sympa d'aller à la rencontre des gens du coin, et de partager quelques petits moments avec eux.
Le petit village particulièrement tranquille du Romeral
L'épicerie du Romeral, même loin de la civilisation rien ne manque !
Les chiliens sont très accueillants mais les conversations ne sont pas très faciles à suivre car les habitants de cette région parlent un "castellano" bien à eux où le son "s" semblent disparaître : "dos mil" devient "do mil", "mismo" se change en "mimo", "la izquierda" mute en "quierda" ...
L'église en bois du Romeral
Le soir est déjà là. Une nouvelle soirée de dessin commence. J’entame avec la belle nébuleuse NGC 3324 de la Carène qui est surnommée "nébuleuse de Gabriella Mistral" à cause de sa bordure tranchée qui rappelle le profil que présente la poètesse chilienne sur l'un de ses portraits les plus connus. La nébuleuse est facile à percevoir, elle se révèle déjà très bien sans filtre au Nagler 22 mm. Avec l'UHC elle dévoile une bordure renforcée qui permet de reconnaître le célèbre profil.
NGC 3324 - nébuleuse dans la Carène
Télescope de 406 mm à 183x (Ethos de 10 mm + UHC)
Suite à ce dessin le ciel se couvre d'un voile de cirrus qui dégrade la qualité du ciel. Nous patientons en pointant de petites nébuleuses planétaires contrastées. Nos cibles sont dans le Centaure : NGC 6918 et NGC 5307. La première est vraiment bleutée, turquoise pour Michael, ou verdâtre selon Lionel. A fort grossissement on perçoit un beau disque nébuleux, bien contrasté, dans lequel se distingue difficilement une structure annulaire. Deux petites extensions latérales sont également visibles.
NGC 3918 - nébuleuse planétaire dans le Centaure
Télescope de 406 mm à 305x (Ethos de 6 mm)
NGC 5307 (11,2m - 30") est quant à elle toute petite. Avec l'Ethos de 6 mm elle montre un petit disque étiré possédant deux petites condensations lumineuses à ses extrémités. Une petite bipolaire donc.
NGC 5307 - nébuleuse planétaire dans le Centaure
Télescope de 406 mm à 305x (Ethos de 6 mm + UHC)
A cet instant le ciel commence à s'améliorer, par contre ma cheville me fait vraiment souffrir et dessiner debout avec le 400 mm devient difficile. J'opte donc pour un changement d'instrument et monte ma lunette Equinox de 80 mm et m'installe confortablement sur une chaise. Ma prochaine destination : NGC 4755 (4,2m - 10'), alias "la boîte à bijoux". Ce bel amas présente une forme générale plutôt triangulaire et comporte quelques belles étoiles colorées dont une bleutée et une orangée très proche. C'est magnifique.
NGC 4755 - amas ouvert dans la Croix du Sud
Lunette de 80 mm à 83x (Ethos 6 mm)
Je profite du grand champ de la lunette pour filer vers la frontière entre le Centaure et la Carène afin de viser la nébuleuse IC 2948, alias "la poule qui court". Au Nagler 22 mm, avec le filtre UHC, la nébuleuse se révèle assez facilement, je suis plutôt surpris par sa relative brillance car je m'attendais à une nuée tout juste perceptible. Plusieurs zones diffuses sont identifiées, dont la principale est ponctuée d'un amas d'étoile.
IC 2948 - Collinder 249 - Stock 14 - nébuleuse et amas ouverts dans le Centaure
Lunette de 80 mm à 23x (Nagler 22 mm+UHC)
La nuit avance et je pointe un dernier objet. Le fait d'avoir dessiné les deux objets précédents assis m'a reposé le pied douloureux et je retourne vers le 400 mm. Je reste dans le Centaure et me dirige vers la nébuleuse planétaire NGC 3699 (11,3m - 70"). Une belle surprise que cet objet à la forme atypique qui fait penser à une miniature de la radiogalaxie du Centaure NGC 5128. En effet on distingue sans problème deux zones brillantes, une grosse et large et une petite et courte qui sont séparées par une bande sombre évidente. Une sorte de "macaron" céleste. Par contre pas d'étoile centrale observable, et je réalise que depuis la première nuit toutes les nébuleuses planétaires pointées n'ont pas montrée leur naine blanche (le petit coeur très chaud vestige de l'ancienne étoile qui en fin de vie a expulsé son enveloppe gazeuse).
NGC 3699 - nébuleuse planétaire dans le Centaure
Télescope de 406 mm à 305x (Ethos de 6 mm + UHC)
6ème jour
La journée du jeudi est une nouvelle journée de détente, en particulier pour moi car ma cheville m'empêche de marcher. Raymond, en véritable shaman des Andes, me propose un strapping phytothérapique en m'entourant la zone douloureuse avec des feuilles de choux. Cela paraît plutôt étrange au premier abord mais c'est terriblement efficace puisque le soir venu je parviens à nouveau à marcher à peu près correctement. Mais je ne suis pas encore assez remis pour effectuer à pied l'ascension de la colline de l'Observatoire alors Raymond m'y conduit gentiment avec le 4x4 Lada. Alexandre et Lionel profite également du "taxi", tandis que Michael fait le voyage à l'extérieur du véhicule, appuyé sur le pare choc et les mains accrochées à la barre de la galerie de toit ! Il craint "dégun" ce québecois !
A la nuit tombée le ciel est bien dégagé, je me précipite sur la nébuleuse NGC 3199 de la Carène avec le 400 mm car il reste désormais peu de nuits d'observation et c'est une cible que je tiens particulièrement à voir. Et bien m'en a pris car l'objet est tout à fait intéressant, brillant (déjà bien visible sans filtre au Nagler 22 mm), et très détaillé. Sa forme générale est celle d'un "boomerang" et sa structure contient des renforcements lumineux et des filaments. Bref, une très belle nébuleuse. Alexandre l'a également pointé avec sa lunette de 90 mm et elle était aussi parfaitement visible dans ce petit instrument.
NGC 3199 - nébuleuse dans la Carène
Télescope de 406 mm à 83x (Nagler de 22 mm + UHC)
Pendant ce temps Lionel a pointé le C14 vers Sirius afin de relever l'un des challenges mythiques du ciel profond : percevoir la modeste naine blanche Sirius B ! Un astre de 8,5m situé à moins de 10" de Sirius, la très éclatante étoile du Grand Chien qui, elle, brille à -1,44m. La proximité entre les deux étoiles et la grande différence d'éclat qui les sépare rendent l'observation de Sirius B très délicate. Nous profitons de notre séjour au Chili pour la rechercher car depuis l'hémisphère sud Sirius monte beaucoup plus haut dans le ciel qu'en France. Afin de mettre toutes les chances de notre côté Lionel a bricolé une bande cache qu'il a fixé à l'arrière d'un oculaire Plossl afin de bénéficier d'un masque permettant de s'affranchir de l'éclat aveuglant de Sirius.
En jetant l’œil à l'oculaire on constate que malgré le cache occulteur Sirius irradie encore pas mal de lumière. Au premier coup d’œil ce halo lumineux ne révèle pas grand chose mais avec un peu d'attention et en jouant de la raquette de commande pour faire plus ou moins passer Sirius derrière la bande sombre, Lionel et Alexandre finissent par repérer le minuscule petit point de Sirius B, perdus entre deux rayons brillants d'Alpha du Grand Chien. Venus les rejoindre un peu plus tard, Michaël et moi même n'avons eu qu'à confirmer l'observation de nos compagnons et à constater avec bonheur que la naine blanche était visible !
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La naine blanche Sirius B - Grand Chien
Télescope Celestron C14 de 355 mm
Ce seront les deux seuls objets de la soirée car les nuages rappliquent progressivement et finissent par envahir l'intégralité du ciel. Eh oui, il peut parfois faire mauvais temps au Chili ! Pour cette fois ce n'est pas si grave car l'enchaînement des nuits d'observation nous a creusé un profond déficit d'heures de sommeil. C'est donc l'occasion idéale de rattraper tout çà. Seul Alexandre s'inquiète de ne pas arriver à boucler son programme d'observation dont l'ampleur est digne des travaux d'Hercule !
7ème jour
Vendredi, ma cheville va beaucoup mieux. Merci Raymond ! Et çà tombe bien puisque c'est jour de balade. Initialement nous devions nous rendre à l'Observatoire du Cerro Pachon pour visiter le télescope Gemini de 8 mètres mais l'administration américaine qui gère le site à en a décide autrement, elle a formellement décrété qu'en cette saison les visites étaient impossibles alors que dehors il fait grand beau temps ... Même en insistant il n'y a rien à faire, il faut donc se rendre à la décevante évidence, on ne verra pas de 8 mètres cette fois-ci encore.
A défaut de prendre de l'altitude pour découvrir le télescope géant, nous décidons d'aller crapahuter en 4x4 sur un chemin partant de la vallée de Hurtado en direction d'Alto Buey pour monter dans la Sierra Negra jusqu'à 3000 mètres et admirer les hauts sommets enneigés des Andes. Une très belle escapade que j'avais déjà eu le bonheur de faire en 2003 avec mes compagnons de voyage de l'époque, Denis Verney, Jean-Luc Pugliesi et Maxime Spano.
La très belle vallée de Hurtado
Cette route qui prend rapidement de l'altitude nous offre d'abord un magnifique panorama sur les montagnes des pré-Andes qui s'étendent jusqu'au Pacifique.
Dans le ciel tournent quelques majestueux condors, sur terre nous croisons des camions qui montent à la mine de cuivre d'Alto Buey.
Lors de l'ascension nous découvrons par-ci par-là de petits et gros cratères d'excavation, visiblement les mineurs continuent à prospecter dans le coin pour trouver de nouveaux filons.
A cours de gasoil durant l'ascension, nous tentons de négocier quelques litres avec les mineurs...!
Ce n'est qu'une fois arrivés à la cime de la montagne que nous gravissons que les sommets enneigés se révèlent.
Ceux-ci surplombent un embranchement très encaissé de la vallée de Hurtado où se trouve le petit village de Las Breas. Celui-ci est perceptible tout en bas d'une pente vertigineuse.
Le petit village de Las Breas au pied des cimes enneigées du Cerro Potrerillo (4300 m) à gauche en arrière plan et del Cordon Venado (4600 m) au centre en avant plan. Le sommet très pointu à droite est à 4300 m également.
Nous nous arrêtons près d'une nouvelle mine et en profitons pour marcher un peu. Au bord des cratères creusés par une pelleteuse gisent des monticules de roches qui font le bonheur des amateurs de belles pierres que nous sommes.
Nous ramassons de petits cailloux bleutés (recouverts d'oxyde de cuivre) et Lionel déniche même quelques beaux fragments ornés de cristaux de quartz. Du fait de l'altitude nous croisons également quelques petites plaques de neige.
Le paysage qui nous entoure est somptueux, avec Alexandre nous explorons les hauts sommets grace sa paire de jumelles Hawke 10x43 qui offre des images d'une clarté extraordinaire. Les détails sont nombreux entre les pics, les pentes abruptes, les congères de glace, et même peut-être un glacier lointain. Un régal !
Nous tentons d'identifier les sommets avec une carte, nous avons un 4600 m en face de nous, et nous cherchons en limite de champ de vision vers l'est le Cerro del Volcan qui culmine à 5500 m. Pendant ce temps deux autres condors apparaissent près d'un pic au loin, tandis que Michael, qui crapahute avec l'agilité d'un bouquetin et qui paraît insensible aux effets de l’altitude, nous a nettement dépassé et semble parti tout droit les rejoindre.
Le Cerro Del Volcan au loin vers la frontière Argentine, il culmine à 5500 mètres
Le sommet du Cerro Del Volcan forme une ligne de crête de 700 m de long
Nous repartons vers la vallée car le Soleil commence à fortement décliner. Nous faisons une courte halte à Pichasca pour le ravitaillement.
Un "caballero" en herbe
Après 2 heures de route nous revoilà à l'Hacienda, la nuit est tombée et après un excellent repas concocté par Nadine nous partons rejoindre les instruments. Voilà notre dernière nuit complète arrive ! Et le temps est au rendez-vous, pas un nuage en vue.
En début de nuit le Grand Nuage de Magellan est assez haut dans le ciel, je saisis l'occasion pour pointer un joli complexe d'objets niché dans sa structure : NGC 1850, 1854, et 1858 . NGC 1850 est un amas globulaire partiellement résolu, ce qui est extraordinaire quand on songe qu'il se trouve dans une autre galaxie. Juste au sud NGC 1854 est une condensation nébuleuse petite et sans trop de détails, et encore au sud c'est NGC 1858 qui attire mon attention. Cette nébuleuse est vraiment très intéressante, sa forme très originale et complexe rappelle vaguement celle d'un poisson.
NGC 1850 - 1854 - 1858 - amas et nébuleuse dans le Grand Nuage de Magellan
Télescope de 406 mm à 183x (Ethos de 10 mm)
Puis je me déplace dans la Carène à la recherche d'un complexe nébuleux de la Carène dénommé NGC 3576, et qui ressort déjà parfaitement sans filtre dans le 406 mm équipé du Nagler 22 mm. Décidément, qu'est-ce qu'il y a comme belles nébuleuses dans cette constellation, nous prenons encore ici la mesure du déséquilibre en beaux objets entre le ciel de l'hémisphère sud et de l'hémisphère nord. NGC 3576 est fractionnée en plusieurs condensations brillantes qui une fois rassemblées me font penser à une ampoule brisée. Pour Lionel c'est une tête de caribou :-)
NGC 3576 - nébuleuse dans la Carène
Télescope de 406 mm à 183x (Ethos de 10 mm + UHC)
Fatigué de dessiner de grands objets hyper détaillés plongés dans un champ riche en étoiles, j'opte pour des cibles plus petites: des nébuleuses planétaires. Mais cette fois-ci je sors vraiment des sentiers battus et me dirige vers la très discrète PK288+0.1 alias "Hofflet 38". Avec l'Ethos de 6 mm et un UHC elle se révèle pâle mais bien visible, sa structure annulaire ressort mais de manière incomplète, de ce fait elle ressemble à un fer à cheval.
Hoffleit 38 (PK288+0.1) - Nébuleuse planétaire dans la Carène
Télescope de 406 mm à 305x (Ethos de 6 mm + UHC)
Toujours dans le Centaure voici PK290+7.1 également dénommée "Fleming 1". Elle est bien plus brillante que la précédente et dévoile facilement son disque nébuleux ovalisé, même sans filtre. Son bord ouest apparaît renforcé, comme une portion d'annularité, tandis que l'ovale nébuleux semble scindé en deux parties par une discrète bande sombre. Deux extensions latérales plus faibles sont également perçues, puis en enlevant l'UHC c'est l'étoile centrale qui se montre. Enfin j'en tiens une ! Notons que l'aspect général de Fleming 1 m'a inspiré un surnom pour elle : "L'oeil de Sauron" (cf le Seigneur des anneaux).
Fleming 1 (PK290+7.1) - Nébuleuse planétaire dans le Centaure
Télescope de 406 mm à 305x (Ethos de 6 mm + UHC)
Je passe ensuite à l'un de mes projets dédié à la lunette de 80 mm : faire un beau dessin du grand amas globulaire NGC 104 (4,0m - 50'), aussi appelé 47 Toucan. Avec l'Ethos de 6 mm la vision est impressionnante de finesse. En effet, tout autour du noyau brillant s'étend une myriade de petites étoiles, un véritable poudroiement qui, en vision décalée, s'étend sur presque tout le champ de vision. Magnifique !
NGC 104 (47 Toucan) - amas globulaire
Lunette de 80 mm à 93x (Ethos de 6 mm)
Après avoir dessiné des dizaines et des dizaines d'étoiles dans 47 Toucan, je décide d'aller rendre visite à l'un de ses voisins apparents, l'amas globulaire ESO 28-19 de 12m que l'on trouve également dans les atlas et catalogues sous le nom de PGC 260239, une référence qui est habituellement attribuée aux galaxies ...! Cet amas est particulièrement lointain puisqu'il se trouve dans le Petit Nuage de Magellan à près de 200 000 années-lumière de notre Système Solaire. Cet éloignement fait qu'il n'est pas facile à résoudre en étoiles, d'ailleurs dans le télescope de 406 mm de l'hacienda des étoiles son aspect est resté diffus. Avec un peu d'attention j'ai noté une petite extension vers l'est, il s'agit probablement d'un bras d'étoiles non résolu.
ESO 28-19 - amas globulaire dans SMC (Toucan)
Télescope de 406 mm à 183x (Ethos de 10 mm)
Pour terminer la soirée, je repère dans la constellation de l'Octant ma prochaine cible : Les galaxies en interaction NGC 6438 (12,5m - 1,2'x1,1') et NGC 6438A. La galaxie principale ressemble à une goutte d'eau très pâle, elle apparaît immédiatement bordée par son très petit compagnon, une sorte de minuscule elliptique qui du fait de son faible diamètre apparent se révèle bien plus lumineuse et plus facile à voir que la grande.
NGC 6438 et NGC 6438A, galaxies dans l'Octant
Télescope Dobson de 406 mm à 305x (Ethos de 6 mm)
8ème jour
Nous voilà samedi ! Veille de départ. On n'a pas vu passer la semaine ... et il est déjà temps de commencer à préparer les valises car demain matin nous partirons très tôt. Durant cette dernière journée baignée de nostalgie on en profite pour "buller" un peu, surtout Michael
Puis nous rejoignons l'observatoire pour quelques photos souvenirs, nous posons avec le matériel qui nous a servi à admirer le ciel tout au long du séjour.
Les deux instruments avec lesquels j'ai réalisé les dessins figurant sur cette page: A gauche ma lunette Skywatcher Equinox de 80 mm fixée sur une monture Microstar et à droite le Dobson de 406 mm de la Canelilla.
L'équipe autour du télescope C14 (355 mm) de l'hacienda (photo : Lionel RUIZ)
La dernière nuit d'observation fut courte, sauf pour Alexandre, courageux et endurant astronome qui va tenir jusqu'à 1h du matin pour se lever ... à 4h !
De mon côté j'ai mis à profit les quelques heures de début de nuit pour dessiner les quelques derniers objets qui me tenait à cœur de voir avant de retrouver le ciel boréal. Tout d'abord NGC 1313, une spirale aux bras évident dans le 406 mm même si elle était un peu basse sur l'horizon.
Non loin de cette dernière je déniche dans la Dorade une autre belle galaxie : NGC1672 (10,2m - 6,6'x5,5'). Celle-ci présente pas mal de détails et présente une structure spirale asymétrique.
NGC 1672 - galaxie dans la Dorade
Télescope de 406 mm à 203x (Nagler de 9 mm)
Et pour terminer en beauté, un petit tour dans le Scorpion afin d'observer l’intriguante "bug nebula" alias NGC 6302 (9,6m - 83"x24"), une très belle nébuleuse planétaire qui arbore d'étranges extensions.
NGC 6302 - nébuleuse planétaire dans le Scorpion
Télescope de 406 mm à 366x (Takahashi LE de 5 mm)
9ème jour
Voilà, il est dimanche matin. L'heure des adieux avec le ciel du Chili, le cadre reposant de la Canelilla, et nos amis Nadine et Raymond que nous remercions très fort pour leur disponibilité et leur gentillesse. Nous rejoignons de nuit la station de bus d'Ovalle puis filons vers Santiago où nous attend notre avion. Sur la route nous longeons l'océan Pacifique qui nous offre quelques derniers beaux paysages.
Comme à l'aller nous faisons halte dans la petite station balnéaire de Los Vilos dont le nom provient de la déformation de "Lord Willow", un pirate anglais qui fit naufrage en ces lieux au 16ème siècle.
Devant notre avion, prêts à embarquer, la nostalgie nous envahit déjà.... Au revoir Chili !