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La photo du ciel profond avec le Seestar S50

 Le ZWO Seestar s50 (50/250 mm) :

Depuis que je pratique l'astronomie, j'ai toujours eu le souhait de garder une trace de mes explorations célestes. Le dessin astronomique et l'astrophotographie sont des disciplines que je pratique avec passion depuis longtemps, mais j'ai toujours eu du mal à les mettre en œuvre en même temps. Il est en effet difficile de gérer la manutention et la mise en fonction d'un gros dobson pour le visuel, et de s'occuper en parallèle d'un second instrument sur monture équatoriale pour faire de la photo. C'est pour cela que j'ai toujours rêvé qu’un jour sorte un petit instrument compact et automatisé qui me permettrait de pouvoir réaliser des images du ciel avec un minimum de contraintes pendant que j'observe et dessine. Ce petit instrument je l'ai trouvé, il s'agit du ZWO Seestar s50. Cet instrument est compact et très léger (2,5 kg), il comprend une lunette munie d'un triplet apochromatique et d'une monture altazimutale automatisée. Il permet de réaliser des photos du ciel avec un capteur IMX462 en pratiquant l'empilement d'images (stacking).

seestar s50 

Le Seestar s50 est vendu tout équipé, c'est assez formidable par rapport à son prix de vente relativement faible. il est livré avec une mallette de transport bien pratique, un trépied court ajustable, un cordon d'alimentation USB (par contre il faut prévoir la prise, privilégiez une 30W pour une charge rapide) et même un filtre solaire (que l'on pourra remplacer par un autre modèle plus précis).  La cerise sur le gâteau c'est qu'il est équipé d'un système de mise au point motorisée automatique, d'un filtre dual band (h-alpha et OIII pour les nébuleuses) intégré, et d'une résistance chauffante elle aussi intégrée pour éviter les dépôts de buée sur la lentille.  Le filtre dual band et la résistance peuvent être activés ou désactivés à partir des commandes du logiciel.

 

Réglages préliminaires

La mise en route du Seestar s50 est vraiment facile. Il suffit de connecter le téléphone ou la tablette au Wifi interne du Seestar, de s'assurer que l'instrument est bien à l'horizontale et que sa boussole interne est correctement étalonnée. Sur la page d'accueil du logiciel nous avons le bouton "connexion" bien mis en évidence et complètement en bas à droite l'onglet "mon compte" qui accueille les fonctions pour l'horizontalité et le paramétrage de la boussole interne (options "réglages avancés", puis "étalonnage du niveau ou de la boussole").

Pour faciliter la tache de la mise à niveau il existe un accessoire très utile : La platine de mise à niveau pourvue de mollettes de réglage de précision. En tournant les molettes ou en ajustement doucement le trépied, il faut rapprocher le plus possible deux cercles, jusqu'à ce que la valeur de séparation soit inférieure à 1. Avec le réglage fin par molettes, nous pouvons descendre jusqu'à des valeurs de 0,1 ou 0,2 assez facilement.

 

Le mode équatorial

Depuis 2025, la monture peut passer en mode équatorial grace au bouton "mount mode" présent lui aussi dans "réglages avancés".  En mode équatorial il est possible d'appliquer des temps de pose unitaires plus élevés car il y a moins d'images rejetées et nous supprimons le problème de la rotation de champ durant le stacking qui dégrade les coins de l'image, cela permet donc d'exploiter l'image sur 100% du champ couvert par le capteur. Le mode équatorial permet également d'imager les objets qui passent très haut dans le ciel, le suivi motorisé fonctionne même au zénith, alors qu'en altazimutal le stacking devient très laborieux voir inopérant pour les cibles situées à plus de 80° de hauteur. 

Lorsqu'on passe le Seestar S50 en mode EQ, la LED du bouton d'allumage passe du rouge au vert. Pour utiliser le mode équatorial, il faut fixer le Seestar sur une tête inclinable afin de pouvoir le mettre en station et régler la latitude en fonction de notre lieu d'observation. Cette tête inclinable doit posséder les deux articulations haut/bas et gauche/droite. Attention, le cercle gradué des têtes inclinables indique l'inclinaison du plateau de fixation par rapport à la direction du sud mais pas la latitude dont l'angle de hauteur se calcule par rapport à l'horizon nord. Pour trouver le bon réglage de la latitude il faut positionner la flèche du cercle gradué sur le bon repère, c'est à dire à 90° moins la valeur de la latitude. Par exemple pour Marseille qui est à 43° de latitude, il faut mettre la flèche sur 90°- 43°= 47°. Si on est en Guadeloupe, 90°-16°= 74°, on se retrouve avec un Seestar très très incliné (attention au déséquilibre !). Si on est à Tromso en Norvège, 90°-69° = 21°, on se trouve avec un Seestar très redressé à la verticale. Pour éviter le déséquilibre du Seestar il est fortement conseillé que l'inclinaison de l'appareil se fasse à la verticale d'un des pieds du trépied. 

mise en station Seestar S50 mode EQ

Mon Seestar S50 est ici installé sur une base équatoriale Sky Watcher

Il n'est toutefois pas nécessaire d'être extrêmement précis dès le départ avec le réglage de latitude, car dès que le mode EQ est validé en cliquant sur "swtich" et qu'on clique OK sur "mount mode", grace à la fonction « Get Polar Align Deviation » le tube du Seestar se déploie, et scanne un coin du ciel. Grace à la reconnaissance astrométrique il peu calculer les angles de déviation avec le pôle nord céleste dans les axes vertical et horizontal. Et c'est à ce moment là que l'on peut affiner le réglage grace aux mouvements fins des deux axes de la tête inclinable. Il faut faire évoluer les valeurs des niveaux électroniques interactifs le plus près possible de 0,0° sur les deux axes.

Si vous souhaitez expérimenter le mode équatorial, il existe de nombreux tutoriels très détaillés sur You tube qui décrivent la méthode à suivre, en voici un en français

 

Pointer une cible

Sur la page d'accueil se trouvent les modes de pointages des sujets brillants qui ne nécessitent pas d'empilements d'images. L'onglet 'Système solaire" permet de pointer et visionner le Soleil et la Lune par exemple, des objets suffisamment lumineux pour se révéler en détails sans avoir recourt au stacking. L'onglet "paysage" permet de visionner librement des éléments du paysages pour réaliser des observations "terrestres" (des captures d'images d'animaux sauvages par exemple). L'ensemble des images réalisées avec le Seestar s50 sont rangées et consultables dans l'onglet "mon album".

Le second onglet du bas de page est intitulé "SkyAtlas", c'est celui qui permet de pointer un objet dans le ciel, puis de lancer une session de stacking sur cet objet. L'onglet ouvre d'abord une carte du ciel où les objets principaux apparaissent en surimpression d'un fond photographique tiré du Digitized Sky Survey. Alors là, je dois bien avouer que c'est très pratique pour cadrer les sujets à photographier, ou voir si d'autres objets intéressants se trouvent à proximité. Je précise qu'il est possible se balader librement sur cette carte et zoomer avec les doigts. Le rectangle rouge montre quel est le champ couvert à la base par le capteur du Seestar s50.

En cliquant sur l’icône "objets célestes" symbolisé par une loupe, on obtient la page de recherche d'objets. La recherche peut s'effectuer en tapant un nom dans "recherche des astres", ou alors en utilisant les rubriques "ciel profond" ou "système solaire". Dans ciel profond, les objets inclus dans la base de donnée de l'instrument sont rangés par type (galaxies, nébuleuses, amas etc ...) ou par catalogues (Messier, NGC, IC, ou Sharpless). la dernière rubrique "My Favorites" est très intéressante, elle permet de créer des objets qui ne sont pas dans la base de donnée en rentrant les coordonnées (une comète faible, un astéroïde géocroiseurs, un objet du ciel profond d'un catalogue secondaire comme Abell, Barnard etc ...).

 

Modifier le cadrage

Depuis une mise à jour de 2024 un mode "framing" a été ajouté au soft du Seestar S50. Il propose une fonction mosaïque qui permet d'élargir le champ photographié par le capteur IMX 462, en utilisant l'icône numéro 1 symbolisé par un "+". Grace à l'échelle "magnification", nous pouvons étirer le cadre rouge "target", cela permet de cadrer de grands objets du ciel profond ou d'englober plusieurs objets voisins dans le même champ. Il est également possible d'incliner le cadre du champ photographier à l'aide de l'icône numéro "2" afin de ne plus être contraint par le cadrage vertical d'origine. Ces deux améliorations ouvrent de nouvelles possibilités d'imagerie. Par contre, il faut être conscient qu'en utilisant ces options, le temps de pose global nécessaires pour couvrir l'intégralité de la zone élargie augmentera très sensiblement.  

 

Changer le temps de pose

Depuis une mise à jour de janvier 2026, le choix du temps de pose unitaire pour le stacking des images est accessible depuis les l’icône des "trois petits points" situé en haut à droite de la page de visualisation du champs que nous allons photographier. Si vous activez le mode confirmé, un choix de temps de pose vous est proposé entre 2s, 5s, 10s, 20s et 30s en monture "Az/Alt Mode" (le mode de base). Le temps de pose unitaire de 10s est le plus indiqué pour l'instrument car il y a moins d'images rejetées durant le stacking, mais depuis les dernières mises à jour 2025 du soft, le temps de pose unitaire de 20s devient exploitable. Il peut être utile pour faire ressortir les objets les plus faibles et les moins contrastés.

modifier le temps de pose sur le Seestar

 

Refaire la mise au point

Entre deux sessions de stacking, au moment de changer de cible, il peut être utile de refaire la mise au point car la mise en température du Seestar S50 peut varier dans le temps. Les conditions de seeing ou de températures externes peuvent également évoluer durant la nuit. Pour refaire une mise au point automatique il faut cliquer sur l’icône "F" en mode prévisualisation (quand le stacking n'est pas lancé), puis sur "AF". 

Seestar autofocus

 

Réalisation simple d'une image avec le stacking automatique

Dès qu'un objet est pointé vers un objet, une vision "live" du champ visé par le capteur apparait et le suivi motorisé s'active. La cession de stacking commence, il n'y a plus qu'à attendre que l'image de la première pose s'affiche et que les autres s'enchaînent. L'évolution de l'image s'affiche instantanément à l'écran au fur et à mesure de l'empilement. Dès qu'on estime que le rendu est bon, il faut cliquer sur l’icône "IA" qui applique un traitement de "denoise" très efficace. Le "denoise" est un lissage qui permet de faire disparaître le bruit de lecture qui rend l'image très granuleuse et peu esthétique tout en conservant l'aspect ponctuel des étoiles . Le traitement prend entre une quinzaine et une soixantaine de secondes (jusqu'à 60 secondes si vous activez le 4K), puis je sauvegarde le résultat dans l'album, et je reviens au stacking. Pour arrêter une cession de stacking il faut cliquer sur le gros bouton rouge.

Je sauvegarde ensuite l'image résultant du produit brut du stacking. Ultérieurement, j'appliquerai l'image granuleuse en calque sur l'image lissée en utilisant le logiciel Paint Shop pro. En gardant par transparence 15 à 20% de l'image granuleuse, çà permet d'obtenir une image finale un petit peu moins lisse. Tout est une affaire de goût, mais l'image lissée par "l'IA" peut parfois paraître trop artificielle. J'applique également un ajustement de la colorimétrie, car les images des capteurs numériques "couleur" tirent souvent trop sur le vert. Et pour finir je travail un peu le contraste du fond de ciel.

NGC 2359 -  rémanent de Wolf Rayet dans le Grand Chien
ZWO Seestar 50/250 mm - live stacking de 302 images - filtre dual band
 

 

Autonomie

La batterie interne du Seestar S50 possède une autonomie de 4 à 5h. Cela est généralement suffisant pour une soirée d'imagerie estivale. Par contre pour les longues nuits d'hiver elle peut se révéler un peu courte, mais il est possible d'adjoindre une batterie externe portative au boitier. Avec cette source d'alimentation supplémentaire, on est absolument tranquille pour toute la nuit ! Le Seestar S50 va d'abord tirer sur la batterie externe et ne passera sur la batterie interne qu'une fois que la charge de l'externe sera trop basse. Attention, si la batterie interne du Seestar n'est pas chargée complètement au début de l'utilisation, elle va d'abord se recharger en tirant sur la batterie externe, ce qui n'est pas conseillé par grand froid.

 

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