• Nuit glaciale à Pichauris en cette première nouvelle Lune de 2019

    Les froides nuits d'hiver sont de retour et lorsque en plus le vent s'en mêle il en résulte des températures à ne pas mettre un astronome dehors. Et pourtant, je dois être en grand manque d'étoiles car j'ai quand même trouvé la motivation de ressortir le télescope et d'aller braver l'air glacial pour profiter de la belle nuit claire qui s'offrait à moi dimanche soir. 

    J'arrive sur le terrain à la tombée de la nuit et en sortant de la voiture je remarque que le ciel est bien dégagé, je crois que j'ai bien fait de sortir. Le vent s'est un peu calmé ce qui n'est pas plus mal, par contre il fait très froid ... Cette fois-ci je suis seul, çà fait un moment que çà ne m'était pas arrivé. Ce n'est pas grave, Orion, Castor et Pollux sont déjà là pour me tenir compagnie.

    Je monte tranquillement le Dobson de 381 mm et commence à réfléchir à ma première cible. Je crois que je ne vais pas trop faire dans l'originalité, puisque la comète 46P/Wirtanen n'a pas encore trop perdue en éclat, allons lui rendre visite. J'oriente le télescope vers l'est en direction de la tête de la grande Ourse en étudiant le secteur du coin de l’œil, mais je ne la vois pas à l’œil nu. Par contre elle est encore bien visible dans le chercheur 9x60 mm.

    Dans le télescope à 86x je la distingue facilement, sa région centrale est encore brillante et son halo apparaît toujours aussi large et diffus. Une observation attentive révèle la présence d'une discrète queue qui s'évase par rapport à l'observation de début décembre. 

    Comme la constellation des Gémeaux prend de la hauteur je décide de pointer la nébuleuse planétaire NGC 2371-2 (11,2m - 44"). Malgré un ciel qui subit les méfaits de la pollution lumineuse (SQM de 20,25) elle est parfaitement visible, même sans filtre. A 286x avec l'Ethos de 6 mm elle dévoile deux lobes lumineux placés côte à côte. Celui qui est placé au SO comporte une petite condensation lumineuse très contrastée pouvant faire penser à une étoile floue. Avec l'ajout d'un filtre OIII la nébuleuse se renforce, une autre petite condensation est observée dans le lobe NE. Ce lobe apparaît un peu plus large que son voisin. Le filtre me permet également de distinguer une très pâle bribe d'extension périphérique vers l'est en vision décalée. Une autre portion d'extension extrêmement faible est tout juste devinée du côté ouest aussi. Par contre je n'ai pas pensé à enlever le filtre OIII de l'oculaire pour chercher la naine blanche centrale de 14,8m ...

    ngc2371 planetary nebula

    NGC 2371-2- nébuleuse planétaire dans les Gémeaux
    Télescope Sumerian Optics de 381 mm à 286x (Ethos 6 mm + filtre OIII)
    Pichauris (13) - SQM 20,25

    Pendant que je termine le dessin de NGC 2371-2 Gisèle arrive à son tour sur le terrain et vient me tenir compagnie avec son petit Dobson de 200 mm. Malheureusement c'est aussi le moment que le vent a choisi pour s’intensifier. L'atmosphère devient vraiment glaciale, les doigts sont congelés, les yeux pleurent tout seuls ... Pas évident de continuer à observer et dessiner dans ces conditions !

    J'essaye de pointer quelques galaxies dans la Grande Ourse mais je ne m'imagine pas les dessiner avec un télescope qui tremble sous les rafales, l'image n'est pas assez stable pour aller chercher de fins détails dans leurs structures. Il va me falloir une cible facile à détailler comme un amas ouvert.

    Je trouve mon bonheur avec NGC 2394 (15'x5'), un amas particulièrement méconnu situé dans la constellation du Petit Chien. Comme le Revised New General Catalogue (RNGC) le mentionne comme objet "non existant" il est souvent absent des atlas du ciel profond. Pourtant son découvreur William Herschel évoque clairement l'observation d'un groupe d'étoiles épars le 28 décembre 1785. Plus tard, l'astronome Karl Reinmuth va démontrer son existence en le photographiant depuis l'observatoire d’Heidelberg. Ce groupe d'étoiles a désormais été étudié, il s'agit d'un vieil amas ouvert de 1,1 milliard d'années qui a subi un éparpillement de ses membres avec le temps, d'où sa faible densité stellaire. Sa distance est quant à elle estimée à près de 2150 années-lumière. En tout cas NGC 2394 figure dans l'atlas cartographique interstellarum c'est ce qui m'a donné l'idée de le pointer. A 171x il regroupe une douzaine d'étoiles de 10 à 11m qui ressortent bien du champ stellaire environnant. Ce groupe d'étoile apparaît étiré dans le sens E/O. Notons qu'il est facile à pointer car l'amas se trouve à seulement 10'NE de Êta CMi (5,25m).

    ngc 2394 open cluster

    NGC 2394 - Amas ouvert dans le Petit Chien
    Télescope Sumerian Optics de 381 mm à 171x (Ethos 10 mm)
    Pichauris (13) - SQM 20,25

    Il est malheureusement déjà temps de plier le matériel car demain il y a le boulot qui m'attend. C'était une belle petite soirée malgré les conditions d'observation un peu rude. Même si ce soir le vent a permis de bénéficier d'une bonne transparence j'ai quand même hâte de retrouver un bon ciel noir. Cela devrait être chose faite pour la nouvelle Lune de début février car notre petit groupe se prépare pour de nouvelles aventures astronomiques aux portes du désert du Sahara.

    Grace au vent et au temps sec  la transparence de l'air a permis à la discrète Voie Lactée d'hiver de ressortir faiblement sur cette photo

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