• Matériel et observation

    Mon matériel d'observation

    Employer des filtres interférentiels

    Réaliser de bonnes observations

    Choisir un atlas cartographique

     

      

    Mon matériel d'observation

     

    Le Télescope Sumerian Optics Canopus 15":

     

    Désirant une structure plus légère et plus facile à transporter que celle d'Obsession, j'ai investi dans une structure Canopus pour mon miroir 15" (381 mm) OMI. J'en suis très content, les mouvements sont confortables, le secondaire est équipé de vis moletées pour faciliter la colimation et d'une résistance chauffante pour lutter contre la buée. Le porte oculaire est un Moonlite à mise au point micrométrique d'une très bonne précision.

      

    Sumerian Optics Canopus 15"

    Le Canopus 15" au premier plan.

    Les améliorations:


    - Ajout d'un chercheur performant 9x60 mm avec oculaire interchangeable. Une véritable petite lunette !

    - Fabrication d'un pare lumière / buée pour le miroir primaire avec un tapis de sol vendu pour quelques euros dans une grande enseigne d'équipement de sport.

     



    Le télescope de voyage Sumerian Optics de 254 mm

     

    Il s'agit d'un Dobson de 250 mm astucieusement conçu qui une fois démonté se range en une valise compacte de 9kg. Il a été réalisé par un artisan hollandais (Sumerian Optics) qui s'inspire fortement du concept inventé par Pierre Strock. Cet instrument est idéal pour les voyages, il ne prend pas de place dans la voiture et peut-être transporté en bagage à main lors des trajets en avion.

     

    travel dobson 10" case

     

    Une fois ouverte la valise révèle l'ampleur du boulot car le dobson est en puzzle! L'opération de montage est un peu fastidieuse la première fois mais on prend vite le coup et on s'aperçoit que chaque partie à une place précise, aucun petit trou ni aucune petite tige n'est là par hasard.

     

     

    Il y a plein de petits détails minutieux qui montrent que chaque pièce à fait l'objet d'une réflexion quant à son rangement, sa mise en place, et son utilisation: des petits aimants incrustés dans le bois pour maintenir la clé allen et éviter de la perdre, la housse de rangement des longerons qui en fait se trouve être le pare lumière de la cage du secondaire... Autres bonnes surprises : la présence d'une résistance chauffante sur le miroir secondaire et un ventilateur intégré derrière le primaire dont les blocs d'alimentation se scratchent à des endroits où ils ne gênent pas. C'est clair, Michael de Sumerian a pensé à tout!

     Sumerian Optics Travel Dobson 10"

    Le Travel Dobson au col de Restefond

    Lorsque l'instrument est monté on s'aperçoit qu'il a un look d'enfer! les mouvements sont souples et progressifs, pas d'accoups. L'équilibrage est bien calibré mais avec de gros oculaires comme le Nagler 22mm il devient un peu limite, il va falloir que je bricole un support à contrepoids. La collimation se fait à partir de petites molettes type "Bobsknobs", elle est facile à réaliser. Quant au miroir, j'ai choisi un classique GSO de 250 mm, j'avais un peu peur qu'avec la loterie de l'industriel je tombe sur un exemplaire moyen, mais Michael a eu la gentillesse de le faire tester et il se révèle très bon. Ma première observation sur la Lune m'a confirmé que de belles heures d'observations m'attendent :-)

     

    Améliorations :

     

    Le Dobson Sumerian est livré avec un viseur point rouge, un accessoire qui à mon goût et complètement inutile et inefficace pour le pointage des objets du ciel profond. De ce fait j'ai longuement réfléchi à un moyen de fixer sur les maigres endroits du télescope un vrai chercheur. J'ai trouvé une solution qui utilise une des vis de fixation de la cage du secondaire. Celle-ci me permet de maintenir un support bricolé pour mon petit chercheur Takahashi 5x25 mm que j'ai customisé en le peignant en rouge.

     

                                                        Support de fixation pour un chercheur

     

    Autre problème de ce télescope très allégé, comme pour tout les "travel Dobsons" ou autres Strocks, c'est que les oculaires lourds comme certains Naglers ou les Ethos déséquilibrent fortement l'ensemble et rendent le télescope inutilisable. Pour remédier à celà j'ai bricolé un contrepoids qui se fixe à l'arrière du télescope. En fait j'ai enfilé des plombs de pèche sur deux fils de fer et j'ai glissé le tout dans un tube pvc. Le tube est percé de quatre trous par lesquels je fais sortir les extrémités des fils de fer. Les fils sont ensuite noués au niveau de la cage du miroir primaire.

     

    Travel Dobson counterweight

    Contrepoids "fait maison" fixé sur le Sumerian 10", il permet l'utilisation d'oculaires lourds comme les Ethos.

     

    Un télescope aussi ouvert que le Sumerian 10" expose le miroir primaire à la buée et aux éventuelles lumières parasites. Aussi je lui ai confectionné un pare buée/lumière élaboré à partir d'un tapis de sol sur lequel j'ai ajouté un système de fermeture basé sur des bandelettes "scratch" autocolantes.

     Travel Dobson lightshroud

                                     Le sumérian 10" équipé de son pare buée pour le miroir primaire

     

     

     


     

    Les accessoires:

     


    Lorsqu'on arpente le ciel avec un télescope Dobson non motorisé, la meilleure façon d'améliorer le confort d'observation et d'utiliser des oculaires à champs large (entre 70° et 100°) afin que les cibles visées restent le plus longtemps possible dans le champ de vision. Suivant ce principe j'ai étaloné ma gamme de la manière suivante: Erflé 42 mm (70°), UWA Astroprofessional 28 mm (82°), Nagler 22 mm (82°), Wide Scan 16 mm (82°), Nagler 13 mm (82°), Ethos 10 mm (100°), UWA Meade 8,8 mm (82°), Ethos 6 mm (100°), et Ethos SX 3,7 mm (110°).

     

    UWA 82 vs Nagler 22

                     Deux oculaires à grand champ apparent (82°): L'imposant UWA 28 mm et le Nagler 22 mm

    L'UWA 28 mm d'Astro-professional: Je ne l'ai testé que sur mon petit Lightbridge 200 mm à F/D6 et je dois dire qu'il est pas mal du tout. Bon, çà se dégrade un peu sur le bord de champs (coma et un peu de chromatisme) mais sur les 9/10ème du champ l'image est propre et la luminosité est très bonne. Je le trouve personellement très confortable pour l'observation car son rebord plat permet de bien positionner son oeil, mais je sais que d'autres observateurs aiment moins. Par contre c'est un vrai "dinosaure" gros et lourd, sur le Lighbridge il me faudrait un contrepoids arrière rien que pour lui! Notez également (pour ceux qui se poserait la question) qu'il s'agit exactement du même oculaire que l'UWAN 28 mm de William Optic, mais en moins cher!

     

    Skywatcher Equinox 80 mm

                       L'imposant UWA 28 mm Astro-professional sur la lunette Skywatcher Equinox de 80 mm

       Ethos 3,7 and Ethos 6

                       Deux oculaires offrant de forts grossissements: L'Ethos SX de 3,7 mm et l'Ethos de 6 mm

     

    L'Ethos de 6 mm est un oculaire formidable qui permet d'accéder à de forts grossissements tout en préservant un grand champ apparent et une très bonne luminosité comparé à d'autres oculaires comme le Meade UWA 8,8 mm. Le piqué de cet oculaire est remarquable jusque sur le bord du champ sur le Lightbridge ouvert à F/D6 et même sur l'Obsession qui est plus ouvert (F/D 4,5), pas besoin de Paracorr. il s'agit réellement d'un oculaire de grande qualité. Le plus surprenant avec lui c'est sa capacité à nous faire immerger dans le champ de vision car en regardant au centre du champ, on ne perçoit pas le bord de l'oculaire! Ainsi on se retrouve plongé dans l'Univers. Lorsqu'on retourne sur un Nagler à 82° de champ, on a l'impression d'observer à travers un trou de serrure alors qu'il s'agit à la base d'oculaires à champ large...

     

    L'Ethos de 3,7 mm offre un très fort grossissement qui est très utile pour essayer de percevoir des détails sur de tout petits objets comme les nébuleuses planétaires. C'est un oculaire de très bonne qualité qui offre une bonne luminosité et un bon piqué et qui a l'avantage de posséder un champ énorme de 110° (!), supérieur à celui de l'Ethos de 6 mm. Avec son ultra grand champ il me permet également de garder plus longtemps les objets dans le champ de vision et donc d'avoir le temps de détailler car à fort grossissement (462x sur l'Obsession) et sans moteur, les cibles défilent vite à l'oculaire. Par contre il ne sert que lors des nuits les moins turbulentes.

     

    Pour faciliter le pointage j'ai également banni les viseurs de type "point rouge" qui sont souvent proposés d'origine avec les Dobsons. Ces viseurs ne grossissant pas, il est en effet impossible de pointer les objets faibles avec! J'ai donc équipé l'Obsession d'un vrai chercheur de compétition: une petite lunette chinoise de 60 mm qui grossit 8 fois. C'est un outil formidable car au travers de cette optique on perçoit déjà de nombreux objets, il est alors très facile de les centrer à l'oculaire. Pour le Sumerian Optic de voyage il fallait un chercheur très léger, j'y ai donc fixé un petit Takahashi 5x25 mm qui offre des images lumineuses et très piquées.

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     Employer des filtres interférentiels:

     

    Dans le commerce nous pouvons trouver différents types de filtres utiles pour l'observation de certains objets faibles. Ceux-ci se vissent à l'arrière des oculaires, il en existe au coulant 31,75 mm et 50,8 mm, les derniers étant plus grands et plus coûteux. Les filtres UHC ou OIII sont principalement conçut pour rehausser le contraste des régions de formation d'étoiles ou des nébuleuses planétaires. Ces filtres ne laissent passer que les longueurs d'ondes correspondant à certains pics d'émission de ces nébuleuses, c'est à dire l'Hydrogène beta et l'Oxygène III pour l'UHC (Ultra Hight Contrast) et seulement l'Oxygène III pour l'OIII.

     

      

    Courbe de transmission lumineuse d'un filtre UHC Lumicon

      

    Courbe de transmission lumineuse "étroite" d'un filtre OIII Lumicon

    Ces filtres sont vraiment très efficaces car non seulement ils augmentent le contraste des objets faiblement lumineux, mais ils permettent également de faire ressortir des détails supplémentaires. Ils méritent donc largement l'investissement, surtout si votre ciel n'est pas très noir.

     

    Deux filtres interférentiels au coulant 31,75 mm (un Astronomik OIII et un Thousand Oaks H-beta).


    Mais attention à l'OIII, comme il est très sélectif (bande passante très étroite) il assombrit beaucoup le champ d'observation et crée une extinction sévère sur les étoiles, de ce fait il est plutôt conseillé pour les possesseurs d'instruments de grands diamètres (200 mm et plus). Le filtre UHC laisse quant à lui passer un peu plus de lumière, on pourra l'employer avec de petits instruments.

     

    UHC Lumicon filter 50,8 mm

    Filtre UHC Lumicon au coulant 50,8 mm.

     

    Il existe également des filtres permettant de rehausser le contraste de n'importe quel objet du ciel profond en bloquant les pics d'émission des lampes des villes, il s'agit des filtres de type "deepsky". Même s'ils assombrissent un peu le fond du ciel, personnellement je ne trouve pas qu'ils soient très efficaces. Du moins le gain sur les objets est loin d'être aussi évident qu'avec les deux filtres précédents. De ce fait j'utilise le mien très peu (un Sirius Optic CE1).

     

    Courbe de transmission "large" d'un filtre Deepsky Lumicon

     

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    Réaliser de bonnes observations

     

    Pour réaliser de bonnes observations du ciel profond il est bien évidemment nécessaire de choisir un site qui soit le plus éloigné possible de la pollution lumineuse des villes et bien sûr opter pour une nuit sans Lune. Même si ces critères sont les plus importants, d'autres éléments sont à prendre en compte pour optimiser la vision au télescope.

     

    Bien régler son instrument:

     

    Un télescope mal collimaté ne donnera que des images dégradées. Il ne sert pas à grand chose d'aller observer sous un ciel bien noir si son instrument est déréglé. Pour remédier à cela il faut apprendre à effectuer une collimation. Pour mes Dobsons j'utilise un collimateur laser qui s'insère dans le porte oculaire.

     

    Le collimateur laser installé dans le porte oculaire du télescope.

     

    Ce petit outil permet d'aligner les miroirs très facilement: On regarde le miroir primaire pour voir si le point rouge du laser touche bien le centre de la pastille que les fabriquants de matériel collent généralement au centre du miroir. Si le point rouge n'est pas à l'emplacement attendu, il faut agir sur les vis du support du miroir secondaire pour recentrer la marque du laser.

     

    Au premier plan les vis de collimation du secondaire, et au second plan le miroir et sa pastille centrale.

     

    Ensuite on regarde le miroir secondaire, et si l'on observe deux points rouges différents cela veut dire que le primaire ne focalise pas dans le bon axe. Il faut donc agir sur les vis tirantes et poussantes du barillier qui supporte ce miroir pour que les deux points rouges ne forment plus qu'un au centre du secondaire. Pour finir il suffit de jeter un coup d'oeil au collimateur laser lui même qui généralement possède une cible au centre de laquelle le retour du point de laser doit venir taper.

     

    Pour un télescope de Schmidt Cassegrain notre collimateur laser ne peut pas être utilisé. Avec un instrument de ce type il faut viser une étoile brillante dans le ciel et employer un fort grossissement. Ensuite on défocalise (on dérègle la mise au point), puis on regarde l'image obtenue. Si la collimation est correcte, on se retrouvera face à un rond lumineux entouré de cercles concentriques (figure d'Airy). Si le tube optique est décollimaté, les cercles seront déformés et "baveront" d'un côté.

     

    A gauche une tache d'Airy déformée à cause de la décollimation. A droite, le télescope est bien collimaté.

     

    Pour recollimater il suffit bien souvent d'agir sur les vis du support du miroir secondaire. Attention, de toutes petites retouches sont la plus part du temps suffisantes pour obtenir de bons résultats, n'ayez pas la main lourde sur ces vis sous peine de dérégler davantage l'optique en desserrant le secondaire. Cette technique fonctionne bien mais elle ne peut être réalisée que sous le ciel nocturne. Pour ceux qui préféreraient régler leur tube de jour, il existe aussi des boîtiers créant une étoile artificielle. Dans tout les cas, n'analysez qu'une étoile placée au centre du champ de vision. Si votre télescope n'est pas motorisé et que vous réaliser la collimation de nuit, visez l'étoile polaire!

     

    Respecter le temps de mise en température:

     

    Lorsqu'on veut observer, il ne faut pas sortir son instrument au dernier moment. En effet, l'air contenu dans le tube optique qui sort d'un endroit chaud (maison, voiture...) sera alors à une température différente de l'air ambiant et de ce fait il régnera une zone d'instabilité à la jonction des deux masses d'air. Le résultat sera à coup sûr une image particulièrement turbulente et impropre à une observation détaillée.

     

    Afin d'éviter ce problème pensez à sortir votre instrument au moins une demi heure avant d'observer. Et évitez de vous placer sur un endroit qui a chauffé toute la journée (près d'un mur ou sur un parking) et qui va restituer cette chaleur la nuit en vous garantissant de nombreuses turbulences.

     

    Batterie d'instruments montés avant la tombée de la nuit afin de les mettre en température.

     

    Attendre que les objets soient bien placés das le ciel:

     

    Lorsqu'un objet est bas sur l'horizon, il apparaît moins lumineux et moins détaillé à cause de l'absorption atmosphérique voir de la pollution lumineuse si vous observez dans la direction d'une ville, même éloignée. Aussi, si vous voulez réaliser une observation de qualité et essayer de saisir de fins détails peu lumineux, il vaudra mieux attendre que votre cible passe au plus haut dans le ciel. Un objet culmine lorsqu'il passe au méridien central, c'est à dire sur une ligne imaginaire qui joint la direction du sud au nord en passant par le zénith. Pour vous aider à choisir le bon moment pour étudier une constellation et ses objets du ciel profond vous pouvez vous référer aux cartes du ciel présentes dans la rubrique "le ciel boréal mois par par mois".

     

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    Choisir un atlas cartographique

     

    Pour pointer les objets du ciel profond lorsqu'on n'est pas équipé d'un système d'aide au pointage "go to" ou "push to" il faut utiliser un atlas cartographique. Il en existe de nombreux exemplaires plus ou moins précis, certains sont vendus dans le commerce et d'autres peuvent être télécharger gratuitement. Dans cette rubrique je propose d'étudier et comparer quelques extraits à partir de cartes centrées sur la région des galaxies M81 et M82 de la Grande Ourse.

     

    Atlas Cloudynights (magnitude limite de 7,0m)

    L'atlas Cloudynights est un atlas grand champ gratuit, même si sa magnitude limite va jusqu'à la magnitude 7 il sera surtout utile aux possesseurs de petits instruments, voir de jumelles. Pour le télécharger cliquez sur le lien suivant.  

      

    Atlas Taki (magnitude limite de 8,5m)

    L'atlas Taki est un atlas gratuit de qualité, précis et aéré, il est très apprécié des amateurs. Il est téléchargeable à partir du lien suivant.

     

    Sky Atlas 2000.0 (magnitude limite 8,5m)

    Le Sky Atlas 2000.0 est un atlas vendu dans le commerce et qui présente à peu de choses près le même niveau de précision que le Taki (version 8,5m).  Le petit plus pour le Taki c'est que les traits des constellations sont déjà tracés, ils aident bien au repérage général.

     

     

    Tri altas (detailed atlas, magnitude limite 12,6m)

    Le Tri Atlas de José Torres est l'atlas gratuit le plus précis que l'on pourra trouver. La version qui descend à 12,6m offre des cartes très détaillées et extrêmement complète en terme de catalogues d'objets. Un peu trop complète même car beaucoup de zones du ciel deviennent difficilement lisibles car elles apparaissent surchargées, notamment à cause des nombreuses étoiles doubles qui y sont également répertoriées. Une version sans étoiles doubles auraient été préférable à mon goût. Autre souci l'atlas complet représente en tout 571 cartes ! Difficile de tout imprimer ... Cette version du Tri atlas me paraît donc plus intéressante pour préparer sa soirée en imprimant des cartes de champ en fonction des objets choisis que comme véritable atlas de terrain. Voici le lien pour le consulter.

      

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