• 2012, Chili, retour sous le ciel du sud Atacama

    Nous voilà repartis pour une nouvelle épopée chilienne, direction l'hacienda des étoiles que nous avions déjà fréquenté en 2009. Cette fois-ci nous ne sommes que quatre : Lionel Ruiz, Alexandre Renou, l'ami quebecois Michael Caouette et moi même.

     

    1er jour

     

    Une chose est sûre, le Chili çà se mérite et notre périple nous paraît interminable : 14 heures d'avion (Marseille - Madrid - Santiago) auxquelles s'ajoutent 3 heures d'escale en Espagne, suivies de 6 heures de bus entre Santiago et Ovalle, puis pour terminer encore 2h de voiture entre Ovalle et la Canelilla.

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    Des voyageurs encore frais dans le Marseille-Madrid

    La station de bus Alameda dans la banlieue de Santiago où nous rejoignons Michael

    En bus sur la Panaméricaine !

    Sur la panaméricaine nous faisons halte à la Ligua, une petite ville connue pour ses vendeurs ambulant vêtus de blanc et qui proposent sur le bord de la route des pâtisseries locales. Un deuxième arrêt est programmé à los Vilos où nous nous régalons d'empanadas con carne (à la viande).

    Une vendeuse de gâteaux de la Ligua

    La Panaméricaine longe pendant une bonne partie du trajet la côte Pacifique et ses beaux paysages, elle traverse notamment une importante zone dunaire puis finit par bifurquer vers l'intérieur des terres en direction d'Ovalle où nous attend Raymond de l'hacienda des étoiles.

    Les nuages qui arrivent de l'océan couvrent largement le ciel, ce qui me permet de photographier les taches solaires à travers ce filtre naturel. Ce mauvais temps nous inquiette quelque peu mais dès que le bus a commencé à s'éloigner de la côte le beau temps a repris ses droits.

    Notre équipe arrive finalement à bon port à la nuit tombée, éreintée, mais satisfaite. Le premier regard sur le ciel nous révèle une Voie Lactée extraordinaire de brillance et de complexité et la Croix du Sud est bien là pour nous accueillir. Quel spectacle ! Nous sommes ébahis par la taille et la forme du Grand Nuage de Magellan comme si nous le découvrions pour la première fois, puis nous nous amusons à compter la pléthore d'objets visibles à l’œil nu. Bon sang, ce ciel est encore plus beau que dans notre souvenir !

    Le brillant centre galactique se lève !

     

    La Voie lactée australe du Centaure aux Voiles, en passant par le sac à charbon, la Croix du sud et la Carène
    Images prises avec le Canon 500D et un objectif russe Zenitar de 16 mm diaphragmé à 5,6

     

    Exténués mais motivés, nous luttons contre la fatigue qui nous dicte de rejoindre le lit et trouvons la force de gravir la colline où se trouve l'observatoire, histoire de renouer enfin contact avec le ciel austral. Nous découvrons et testons le nouveau télescope Dobson de 400 mm de l'hacienda avec lequel je vais faire par la suite la majorité de mes dessins.

    Cette première nuit est consacrée à l'observation des plus beaux objets de la voûte céleste de l'hémisphère sud, de mon côté je fais juste un dessin de la petite nébuleuse planétaire NGC 5315 du Compas, pour le reste on verra demain car mes yeux lourds ont la plus grande peine à travailler.

    ngc 5315 planetary nebula

    NGC 5315 - nébuleuse planétaire dans le compas           
    Télescope de 406 mm à 305x (Ethos de 6 mm + UHC)
    La Canelilla (Chili) 

     

    2ème jour

     

    Le dimanche nous redécouvrons la Canelilla de jour, et contrairement à notre séjour de 2009, c'est sous un grand Soleil ! Le paysage semi-aride n'est pourvu que d'une végétation très clairsemée, il révèle ainsi la grande variété de teinte de ses roches, de l'ocre, de l'or, du vert, du bleu, c'est un festival de couleurs minérales.

    Belle vue dont on profite depuis la salle à manger avec, tout au fond, la pointe du Guayaquil (1675 m)

     

    La coupole de l'observatoire qui abrite le C14

    Cette journée est consacrée au repos, à l'installation du matériel, et à l'optimisation du 400 mm de l'hacienda qui la veille nous a semblé pas mal décollimaté et nous a présenté un miroir bien sale.

    L'équipe au complet devant le lodge

    Le soir venu, nous sommes fin prêts pour une intense nuit d'exploration du ciel et les objets vont défiler à l'oculaire. Quel spectacle ! Eta Carène pour commencer, qui nous dévoile sans problème ses grands lobes brillants et franchement orange. Dans le champ apparaît également le large trou sombre du "trou de serrure" niché dans la somptueuse nébuleuse de la Carène (NGC 3372) dont l'étendue et la complexité de structure laisse sans voix.

    Eta Carinae

    Eta Carinae et la nébuleuse de l'Homunculus
    Télescope de 406 mm à 305x (Ethos de 6 mm)

    S'en suit des observations de deux belles galaxies spirales aux bras bien dessinés : NGC 2442 (10,5m -6,0'x5,5') du Poisson Volant et NGC 1566 (9,8m - 7,0'x4,7') de la Dorade.

    ngc 2442 galaxy

    NGC 2442- Galaxie dans le Poisson Volant
    Télescope de 406 mm à 183x (Ethos de 10 mm)

    ngc 1566 galaxy     

    NGC 1566 - Galaxie dans la Dorade
    télescope de 406 mm à 183x (Ethos de 10 mm)

    Puis je file dans les Voiles à la recherche d'un objet surprenant, le long filament nébuleux de NGC 2736. Sa finesse est tout à fait remarquable, elle lui a valut le surnom de "coup de crayon".

    ngc 2736 pencil nebula

     NGC 2736 - filament de rémanent de supernova dans les Voiles
    Télescope de 406 mm à 83x (Nagler de 22 mm + UHC)

    Vers le sud le Grand Nuage de Magellan se distingue parfaitement, on en profite pour faire un saut vers son objet phare : La nébuleuse de la Tarentule 'NGC 2070". Cet objet fait parti des plus brillants et détaillés du ciel, dans le Dobson 400 mm équipé de l'Ethos de 10 mm elle offre une vision indescriptible de beauté, un coeur lumineux entouré d'un enchevêtrement de filaments et de lobes gazeux, de quoi faire tourner la tête des observateurs les plus chevronnés.

    A partir d'elle je vais cheminer légèrement vers le nord à la recherche d'un très discret rémanent de gazeux nommé Henize 70. Il s'agit d'une superbulle cosmique s'étendant sur près de 300 années-lumière. Avec le filtre UHC j'ai distingué une large arc nébuleux centré sur un petit groupe d'étoiles faibles également baigné d'une vague nuée diffuse.

    Henize 70

     Henize 70 - Nébuleuse dans le Grand Nuage de Magellan (LMC)
    Télescope de 406 mm à 183x (Ethos de 10 mm + UHC)

    La bonne surprise de la soirée c'est la nébuleuse planétaire NGC 5189 de la Mouche (10,3m - 140"). Je l'avais déjà dessiné avec mon ancienne lunette de 60 mm lors de mon voyage en 2003 où j'avais pu percevoir une petite tache ovalisée, mais au 400 mm l'image offerte et sans commune mesure ! La nébuleuse apparaît très détaillée avec une structure atypique très ramifiée qui rappelle des bras spiraux galactiques.

    ngc 5189 planetary nebula

     NGC 5189 - nébuleuse planétaire dans la Mouche
    Télescope de 406 mm à 305x (Ethos de 6 mm + UHC)

    Je termine la soirée avec un objet discret mais intéressant, il s'agit d'une nébuleuse (RCW 49) abritant un petit amas ouvert (Westerlund 2) très compact. La zone gazeuse a une forme de "haricot" elle est surmontée d'une petite ligne d'étoiles faibles et très serrées et qui englobe une double, c'est l'amas.

    RCW 49 - Westerlund 2

    RCW49 et Westerlund 2 - Nébuleuse et amas ouvert dans la Carène
    Télescope de 406 mm à 193x (Ethos de 10 mm)

    La Canelilla (Chili)

     

    3ème jour

     

    Le réveil du lundi est joyeux, les esprits encore chargés de belles visions célestes. Le petit déjeuner est suivi de remises aux propres des notes et dessins de la veille.

    chili 2012 remise au propre

    Mais il ne faut pas s'attarder car c'est jour de balade, nous allons visiter le site de la vallée "del encanto" près d'Ovalle. Sur le chemin une belle surprise nous attend car nous croisons une volée de magnifiques perroquets (Tricahues) très colorés mais aussi très bruyants qui nichent dans la vallée du Romeral.

    Le site préhistorique de la vallée "del encanto" est très agréable à visiter, il comporte un complexe d'énormes rochers aux formes arrondies qui dénotent avec les paysages alentours et semblent tout droit tombés du ciel. Ils sont bordées de belles collines couvertes de cactus.

     Raymond nous guide à travers les sentiers de la vallée del Encanto

    Mais l'attrait principal du site ne se révèle qu'au grès de notre progression sur les sentiers : se sont des pétroglyphes et autres pictographes qui ornent discrètement certains rochers. Ces très vieux dessins représentent pour la plupart de drôles de personnages difformes qui semblent tout droit venus d'une autre planète !

    Il a un petit air d' E.T. celui-là !

    La vallée del Encanto a vraisemblablement commencé à être habitée il y a 4000 ans par des indiens préhispaniques appartenant à la culture "el Molle" dont les descendants sont -entre autres- les Diaguitas et les valeureux Mapuches qui vivent au sud de Santiago. La région a également été brièvement occupée par les Incas, mais cela relève plus de l'anecdote. Les auteurs de ces pétroglyphes et pictographes datant de 700 à 500 ans avant J.C. sont très probablement les anciens indiens "El Molle" qui étaient des peuples de chasseurs cueilleurs, et visiblement aussi des artistes. Les personnages figurant sur les roches ont des visages étranges car d'après les archéologues ils seraient représentés avec des masques rituels, ce qui tend à montrer que le site possédait pour eux une valeur mystique.

     

    On y trouve également des roches couvertes de trous arrondis ou elliptiques appelées "piedras tacitas" dont la signification n'est pas encore bien établie. Elles pouvaient servir de mortiers pour les graines, les céréales, les pigments nécessaires aux dessins, ou même pour broyer et mixer des substances hallucinogènes destinées aux cérémonies sacrées.

    "La Cara del diablo"

    La rivière qui passe dans la vallée a creusé des grottes et des cavités dans la roches dont certaines ont pu servir d'abris aux indiens qui vivaient ici.

    Michael plongé dans le "bain de l'Inca"

    L’œil averti d'Alexandre repère au milieu des cactus un Octodon Degu, petit rongeur qui vit exclusivement dans cette région Chili.

     

    Le retour à la Canelilla se fait de nuit, les observations nocturnes vont ce soir là démarrer un peu plus tard. Avec le 400 mm je pointe d'abord une nébuleuse planétaire brillante, NGC 2867 de la Carène. Brillante, bleutée, elle dévoile une structure annulaire un peu irrégulière à très fort grossissement (762x). Avec l'UHC, en vision décalée, on devine autour d'elle un vaste halo diffus très faible.

    ngc 2867 planetary nebula

    NGC 2867 - nébuleuse planétaire dans la Carène
    Télescope de 406 mm à 762x (Ethos de 6 mm + barlow 2,5x +UHC)

    Je reste ensuite dans la Carène pour me diriger vers l'éclatante étoile Bêta Carinae (1,67m). Très près de cette étoile se trouve la galaxie NGC 2822 qui échappe de peu au halo lumineux de l'astre irradiant. On distingue sans trop de peine son disque ovalisé et son noyau brillant.

    ngc 2822 galaxy

    NGC 2822 - galaxie dans la Carène
    Télescope de 406 mm à 305x (Ethos de 6 mm)

    Sous la Croix du Sud et la Mouche se trouve la constellation du Triangle Austral et sa nébuleuse planétaire NGC 5979. Dans le 406 mm à 305x avec UHC elle s'est révélée brillante et structurée. Son disque nébuleux ovalisé est apparu clairement annulaire mais aussi entouré d'une étroite enveloppe externe un peu plus faible.

    ngc 5979 planetary nebula

    NGC 5979 - nébuleuse planétaire dans le Triangle Austral
    Télescope de 406 mm à 305x (Ethos de 6 mm + UHC)

    Comme le Scorpion commence à gagner de la hauteur j'en profite pour rendre une visite à NGC 6153 (10,9m - 28"x21"). Une belle nébuleuse planétaire annulaire de forme elliptique et qui présente quelques petites irrégularités de structure.

    ngc 6153 planetary nebula

    NGC 6153 - nébuleuse planétaire dans le Scorpion
    Télescope de 406 mm à 305x (Ethos de 6 mm)

    Puis c'est au tour de la constellation du Paon d'être visitée. Je me dirige d'abord vers le très bel amas globulaire NGC 6752 (5,3m - 20,4') qui se révèle parfaitement résolu dans 400 mm, il présente de multiples chaînes d'étoiles très esthétiques. Le dessin sera pour une prochaine fois car la cible que je recherche se trouve en fait juste à côté de lui, il s'agit des galaxies NGC 6769, 70, et 71 qui dessinent une triplette dont la disposition lui a valu le surnom de "masque du démon". En effet deux galaxies semblent représenter deux yeux et une autre allongée dessine une bouche.

    ngc 6769 - 6770 - 6771 galaxies

    NGC 6769, 6770, et 6771 - galaxies dans le Paon
    Télescope de 406 mm à 305x (Ethos de 6 mm)

    Toujours dans le Paon je pointe la galaxie NGC 6810 (11,7m - 3,2'x0,9'). Sa vision est plus classique, il s'agit juste d'une jolie galaxie vue de côté.

     

    ngc 6810 galaxy

    NGC 6810 - Galaxie dans le Paon
    Télescope de 406 mm à 183x (Ethos de 10 mm)
    La Canelilla, Chili - SQM 21,75

     

    Pour conclure la soirée, je pars visiter le Petit Nuage de Magellan. En son coeur se trouve une somptueuse nébuleuse (NGC 346) à la forme spiralée. En guise de noyau galactique se trouve un amas d'étoiles mal résolu et très compact. D'autres petites condensations lumineuses sont visibles dans le champ de vision de l'Ethos 10 mm.

    ngc 346 nebula

    NGC 346 - nébuleuse avec amas ouvert dans le Petit Nuage de Magellan
    Télescope de 406 mm à 183x (Ethos de 10 mm + UHC)

     

    4ème jour

     

    Bien fatigués par la promenade de la veille et la soirée d'observation intense, nous décidons de passer le mardi à l'hacienda. La matinée est studieuse, occupée par le traitement des photos, des dessins, et autres notes. C'est aussi l'occasion d'explorer tranquillement les alentours de l'hacienda et de découvrir sa faune. Celle-ci nous rappelle que le coin n'est finalement pas si désertique que celà.

    Le Tenca, oiseau malicieux du Chili

    Le colibri butineur (Picaflor Chico) au repos (rare!)

    Un Diuca, petit passereau que l'on retrouve dans certains pays d'Amérique du Sud

     

    L'après-midi nous décidons d'aller marcher un peu histoire de nous oxygéner. Raymond nous indique un sentier qui permet d'accéder à un sommet et de profiter d'un beau panorama. Il en profite pour sortir ses ânesses qui vont nous accompagner durant la randonnée.

    La marche se révèle intéressante mais vraiment rude .... Depuis le sommet nous percevons les coupoles du télescope Gemini de 8 mètres et du Blanco de 4 mètres perchés sur les Cerro Pachon et Tololo. A l'opposé nous pouvons distinguer quelques hautes cimes enneigées des Andes. Le panorama est grandiose !

    A gauche la coupole du télescope Gemini South de 8 mètres perchée sur le Cerro Pachon

    Ceci n'est pas un hold-up, juste des marcheurs très contents d'être enfin arrivés au sommet !

    Après 2h30 d'un treck digne d'une épreuve de Pekin Express nous nous réconfortons dans la salle à manger avec un bon pisco sour. Dehors le Soleil se couche et les montagnes changent de parure sous les effets de ses derniers rayons colorés.

    Mais c'est les jambes lourdes que nous allons attaquer la côte de l'observatoire pour notre 3ème soirée. Cette fois-ci c'est Michael qui hérite du 400 mm et de mon côté je sors la monture Astrotrac et le Canon 500D pour faire un peu de photo. Les images suivantes ont été réalisées à 1600 iso avec un objectif Sigma 28-105 mm réglé sur 105 mm et diaphragmé à 5,6.

    Champ autour de la nébuleuse de la carène (NGC 3372) et de l'amas ouvert NGC 3532

    Les amas ouverts M6 et M7 du Scorpion

     

    Les nuages de poussières colorés et sombres autour d'Antarès et Rhô Ophiucus

    La nébuleuse obscure de la "pipe" et les nuages d'étoiles denses de la Voie Lactée

    Région de la "fausse comète" dans le Scorpion autour de l'amas NGC 6231 et de la nébuleuse IC 4628

    L'amas globulaire NGC 6397 de la constellation de l'Autel 

    grand nuage de magellan 4 La galaxie du Grand Nuage de Magellan

    A la fin de ma série de clichés je retourne vers les télescopes où Alexandre a pointé la jolie spirale NGC 2997 de la Machine Pneumatique (9,6m - 8,9'x6,8'). Bien qu'un peu basse sur l'horizon elle révèle très bien ses spires et même une petite région HII.

    ngc 2997 galaxy

     NGC 2997 - galaxie dans la Machine Pneumatique
    Télescope de 406 mm à 183x (Ethos de 10 mm)

    Comme j'ai surtout dessiné des nébuleuses et des galaxies jusqu'à présent, je me dis que se serait bien de pointer un amas globulaire pour changer. Je jette mon dévolu sur NGC 6101 de l'Oiseau de Paradis (9,2m - 10,7'). Ce dernier offre une vision sympathique dans le 400 mm, il apparaît comme un tapis d'étoiles sans condensation centrale sur lequel se distingue en vision directe une vingtaine d'astres.

    ngc 6101 globular cluster 

     NGC 6101 - amas globulaire dans l'Oiseau de Paradis
    Télescope de 406 mm à 183x (Ethos de 10 mm)

     

    5ème jour

     

    Nous voilà mercredi. La marche de la veille a laissé des traces dans les organismes et nous choisissons de passer une journée de plein repos. Cela me convient parfaitement car ma cheville gauche est endolorie à cause d'une éguille de cactus qui est venue s'y loger durant notre escapade. La seule agitation de la journée sera un court tremblement de terre, annoncé par un grondement sourd qui s'est rué sur nous comme une onde et a poursuivi son chemin vers les hautes Andes. C'est émouvant de sentir notre planète respirer, sensations garanties !

    Encore un succulent repas concocté par Nadine, ici c'est le paradis !

    L'après-midi Raymond me propose de venir faire un tour en 4x4 au village du Romeral histoire de faire un ravitaillement et de prendre l'air. C'est vraiment sympa d'aller à la rencontre des gens du coin, et de partager quelques petits moments avec eux.

     

    Le petit village particulièrement tranquille du Romeral

    L'épicerie du Romeral, même loin de la civilisation rien ne manque !

    Les chiliens sont très accueillants mais les conversations ne sont pas très faciles à suivre car les habitants de cette région parlent un "castellano" bien à eux où le son "s" semblent disparaître : "dos mil" devient "do mil", "mismo" se change en "mimo", "la izquierda" mute en "quierda" ...

    L'église en bois du Romeral

    Le soir est déjà là. Une nouvelle soirée de dessin commence. J’entame avec la belle nébuleuse NGC 3324 de la Carène qui est surnommée "nébuleuse de Gabriella Mistral" à cause de sa bordure tranchée qui rappelle le profil que présente la poètesse chilienne sur l'un de ses portraits les plus connus. La nébuleuse est facile à percevoir, elle se révèle déjà très bien sans filtre au Nagler 22 mm. Avec l'UHC elle dévoile une bordure renforcée qui permet de reconnaître le célèbre profil.

    ngc 3324 nebula

    NGC 3324 - nébuleuse dans la Carène
    Télescope de 406 mm à 183x (Ethos de 10 mm + UHC)

    Suite à ce dessin le ciel se couvre d'un voile de cirrus qui dégrade la qualité du ciel. Nous patientons en pointant de petites nébuleuses planétaires contrastées. Nos cibles sont dans le Centaure : NGC 6918 et NGC 5307. La première est vraiment bleutée, turquoise pour Michael, ou verdâtre selon Lionel. A fort grossissement on perçoit un beau disque nébuleux, bien contrasté, dans lequel se distingue difficilement une structure annulaire. Deux petites extensions latérales sont également visibles.

    ngc 3918 planetary nebula

    NGC 3918 - nébuleuse planétaire dans le Centaure
    Télescope de 406 mm à 305x (Ethos de 6 mm)

     

    NGC 5307 (11,2m - 30") est quant à elle toute petite. Avec l'Ethos de 6 mm elle montre un petit disque étiré possédant deux petites condensations lumineuses à ses extrémités. Une petite bipolaire donc.

    ngc 5307 planetary nebula 

    NGC 5307 - nébuleuse planétaire dans le Centaure
    Télescope de 406 mm à 305x (Ethos de 6 mm + UHC)

    A cet instant le ciel commence à s'améliorer, par contre ma cheville me fait vraiment souffrir et dessiner debout avec le 400 mm devient difficile. J'opte donc pour un changement d'instrument et monte ma lunette Equinox de 80 mm et m'installe confortablement sur une chaise. Ma prochaine destination : NGC 4755 (4,2m - 10'), alias "la boîte à bijoux". Ce bel amas présente une forme générale plutôt triangulaire et comporte quelques belles étoiles colorées dont une bleutée et une orangée très proche. C'est magnifique.

    ngc 4755 open cluster 

    NGC 4755 - amas ouvert dans la Croix du Sud
    Lunette de 80 mm à 83x (Ethos 6 mm)

    Je profite du grand champ de la lunette pour filer vers la frontière entre le Centaure et la Carène afin de viser la nébuleuse IC 2948, alias "la poule qui court". Au Nagler 22 mm, avec le filtre UHC, la nébuleuse se révèle assez facilement, je suis plutôt surpris par sa relative brillance car je m'attendais à une nuée tout juste perceptible. Plusieurs zones diffuses sont identifiées, dont la principale est ponctuée d'un amas d'étoile.

    IC 2948 nebula

    IC 2948 - Collinder 249 - Stock 14 - nébuleuse et amas ouverts dans le Centaure
    Lunette de 80 mm à 23x (Nagler 22 mm+UHC)

    La nuit avance et je pointe un dernier objet. Le fait d'avoir dessiné les deux objets précédents assis m'a reposé le pied douloureux et je retourne vers le 400 mm. Je reste dans le Centaure et me dirige vers la nébuleuse planétaire NGC 3699 (11,3m - 70"). Une belle surprise que cet objet à la forme atypique qui fait penser à une miniature de la radiogalaxie du Centaure NGC 5128. En effet on distingue sans problème deux zones brillantes, une grosse et large et une petite et courte qui sont séparées par une bande sombre évidente. Une sorte de "macaron" céleste. Par contre pas d'étoile centrale observable, et je réalise que depuis la première nuit toutes les nébuleuses planétaires pointées n'ont pas montrée leur naine blanche (le petit coeur très chaud vestige de l'ancienne étoile qui en fin de vie a expulsé son enveloppe gazeuse).

    ngc 3699 planetary nebula

    NGC 3699 - nébuleuse planétaire dans le Centaure
    Télescope de 406 mm à 305x (Ethos de 6 mm + UHC)

     

    6ème jour

     

    La journée du jeudi est une nouvelle journée de détente, en particulier pour moi car ma cheville m'empêche de marcher. Raymond, en véritable shaman des andes, me propose un strapping phytothérapique en m'entourant la zone douloureuse avec des feuilles de choux. Cela paraît plutôt étrange au premier abord mais c'est terriblement efficace puisque le soir venu je parviens à nouveau à marcher à peu près correctement. Mais je ne suis pas encore assez remis pour effectuer à pied l'ascension de la colline de l'Observatoire alors Raymond m'y conduit gentiment avec le 4x4 Lada. Alexandre et Lionel profite également du "taxi", tandis que Michael fait le voyage à l'extérieur du véhicule, appuyé sur le pare choc et les mains accrochées à la barre de la galerie de toit ! Il craint "dégun" ce québecois !

     

    A la nuit tombée le ciel est bien dégagé, je me précipite sur la nébuleuse NGC 3199 de la Carène avec le 400 mm car il reste désormais peu de nuits d'observation et c'est une cible que je tiens particulièrement à voir. Et bien m'en a pris car l'objet est tout à fait intéressant, brillant (déjà bien visible sans filtre au Nagler 22 mm), et très détaillé. Sa forme générale est celle d'un "boomerang" et sa structure contient des renforcements lumineux et des filaments. Bref, une très belle nébuleuse. Alexandre l'a également pointé avec sa lunette de 90 mm et elle était aussi parfaitement visible dans ce petit instrument.

    ngc 3199 nebula

    NGC 3199 - nébuleuse dans la Carène
    Télescope de 406 mm à 83x (Nagler de 22 mm + UHC) 

    Pendant ce temps Lionel a pointé le C14 vers Sirius afin de relever l'un des challenges mythiques du ciel profond : percevoir la modeste naine blanche Sirius B ! Un astre de 8,5m situé à moins de 10" de Sirius, la très éclatante étoile du Grand Chien qui elle brille à -1,44m. La proximité entre les deux étoiles et la grande différence d'éclat qui les sépare rendent l'observation de Sirius B très délicate. Nous profitons de notre séjour au Chili pour la rechercher car depuis l'hémisphère sud Sirius monte beaucoup plus haut dans le ciel qu'en France. Afin de mettre toutes les chances de notre côté Lionel a bricolé une bande cache qu'il a fixé à l'arrière d'un oculaire Plossl afin de bénéficier d'un masque permettant de s'affranchir de l'éclat aveuglant de Sirius.

    En jetant l’œil à l'oculaire on constate que malgré le cache occulteur Sirius irradie encore pas mal de lumière. Au premier coup d’œil ce halo lumineux ne révèle pas grand chose mais avec un peu d'attention et en jouant de la raquette de commande pour faire plus ou moins passer Sirius derrière la bande sombre, Lionel et Alexandre finissent par repérer le minuscule petit point de Sirius B, perdus entre deux rayons brillants d'Alpha du Grand Chien. Venus les rejoindre un peu plus tard, Michaël et moi même n'avons eu qu'à confirmer l'observation de nos compagnons et à constater avec bonheur que la naine blanche était visible !

     

    La naine blanche Sirius B - Grand Chien
    Télescope Celestron C14 de 355 mm

    Ce seront les deux seuls objets de la soirée car les nuages rappliquent progressivement et finissent par envahir l'intégralité du ciel. Eh oui, il peut parfois faire mauvais temps au Chili ! Pour cette fois ce n'est pas si grave car l'enchaînement des nuits d'observation nous a creusé un profond déficit d'heures de sommeil. C'est donc l'occasion idéale de rattraper tout çà. Seul Alexandre s'inquiète de ne pas arriver à boucler son programme d'observation dont l'ampleur est digne des travaux d'Hercule !

     

    7ème jour

     

    Vendredi, ma cheville va beaucoup mieux. Merci Raymond ! Et çà tombe bien puisque c'est jour de balade. Initialement nous devions nous rendre à l'Observatoire du Cerro Pachon pour visiter le télescope Gemini de 8 mètres mais l'administration américaine qui gère le site à en a décide autrement, elle a formellement décrété qu'en cette saison les visites étaient impossibles alors que dehors il fait grand beau temps ... Même en insistant il n'y a rien à faire, il faut donc se rendre à la décevante évidence, on ne verra pas de 8 mètres cette fois-ci encore.

     

    A défaut de prendre de l'altitude pour découvrir le télescope géant, nous décidons d'aller crapahuter en 4x4 sur un chemin partant de la vallée de Hurtado en direction d'Alto Buey pour monter dans la Sierra Negra jusqu'à 3000 mètres et admirer les hauts sommets enneigés des Andes. Une très belle escapade que j'avais déjà eu le bonheur de faire en 2003 avec mes compagnons de voyage de l'époque, Denis Verney, Jean-Luc Pugliesi et Maxime Spano. 

     

    La très belle vallée de Hurtado

    Cette route qui prend rapidement de l'altitude nous offre d'abord un magnifique panorama sur les montagnes des  pré-Andes qui s'étendent jusqu'au Pacifique.

    Dans le ciel tournent quelques majestueux condors, sur terre nous croisons des camions qui montent à la mine de cuivre d'Alto Buey.

    Lors de l'ascension nous découvrons par-ci par-là de petits et gros cratères d'excavation, visiblement les mineurs continuent à prospecter dans le coin pour trouver de nouveaux filons.

                       A cours de gasoil durant l'ascension, nous tentons de négocier quelques litres avec les mineurs...!

    Ce n'est qu'une fois arrivés à la cime de la montagne que nous gravissons que les sommets enneigés se révèlent.
    Ceux-ci surplombent un embranchement très encaissé de la vallée de Hurtado où se trouve le petit village de Las Breas. Celui-ci est perceptible tout en bas d'une pente vertigineuse.

     Le petit village de Las Breas au pied des cimes enneigées du Cerro Potrerillo (4300 m) à gauche en arrière plan et del Cordon Venado (4600 m) au centre en avant plan. Le sommet très pointu à droite est à 4300 m également.

    Nous nous arrêtons près d'une nouvelle mine et en profitons pour marcher un peu. Au bord des cratères creusés par une pelleteuse gisent des monticules de roches qui font le bonheur des amateurs de belles pierres que nous sommes.


    Nous ramassons de petits cailloux bleutés (recouverts d'oxyde de cuivre) et Lionel déniche même quelques beaux fragments ornés de cristaux de quartz. Du fait de l'altitude nous croisons également quelques petites plaques de neige. 

    Le paysage qui nous entoure est somptueux, avec Alexandre nous explorons les hauts sommets grace sa paire de jumelles Hawke 10x43 qui offre des images d'une clarté extraordinaire. Les détails sont nombreux entre les pics, les pentes abruptes, les congères de glace, et même peut-être un glacier lointain. Un régal !

    Nous tentons d'identifier les sommets avec une carte, nous avons un 4600 m en face de nous, et nous cherchons en limite de champ de vision vers l'est le Cerro del Volcan qui culmine à 5500 m. Pendant ce temps deux autres condors apparaissent près d'un pic au loin, tandis que Michael, qui crapahute avec l'agilité d'un bouquetin et qui paraît insensible aux effets de l’altitude, nous a nettement dépassé et semble parti tout droit les rejoindre.

    Le Cerro Del Volcan au loin vers la frontière Argentine, il culmine à 5500 mètres

    Le sommet du Cerro Del Volcan forme une ligne de crête de 700 m de long

    Nous repartons vers la vallée car le Soleil commence à fortement décliner. Nous faisons une courte halte à Pichasca pour le ravitaillement.

    Un "caballero" en herbe

    Après 2 heures de route nous revoilà à l'Hacienda, la nuit est tombée et après un excellent repas concocté par Nadine nous partons rejoindre les instruments. Voilà notre dernière nuit complète arrive ! Et le temps est au rendez-vous, pas un nuage en vue.

    En début de nuit le Grand Nuage de Magellan est assez haut dans le ciel, je saisis l'occasion pour pointer un joli complexe d'objets niché dans sa structure : NGC 1850, 1854, et 1858 . NGC 1850 est un amas globulaire partiellement résolu, ce qui est extraordinaire quand on songe qu'il se trouve dans une autre galaxie. Juste au sud NGC 1854 est une condensation nébuleuse petite et sans trop de détails, et encore au sud c'est NGC 1858 qui attire mon attention. Cette nébuleuse est vraiment très intéressante, sa forme très originale et complexe rappelle vaguement celle d'un poisson.

    ngc 1850 in LMC

    NGC 1850 - 1854 - 1858 - amas et nébuleuse dans le Grand Nuage de Magellan
    Télescope de 406 mm à 183x (Ethos de 10 mm)

    Puis je me déplace dans la Carène à la recherche d'un complexe nébuleux de la Carène dénommé NGC 3576, et qui ressort déjà parfaitement sans filtre dans le 406 mm équipé du Nagler 22 mm. Décidément, qu'est-ce qu'il y a comme belles nébuleuses dans cette constellation, nous prenons encore ici la mesure du déséquilibre en beaux objets entre le ciel de l'hémisphère sud et de l'hémisphère nord. NGC 3576 est fractionnée en plusieurs condensations brillantes qui une fois rassemblées me font penser à une ampoule brisée. Pour Lionel c'est une tête de caribou :-)

    ngc 3576 nebula

    NGC 3576 - nébuleuse dans la Carène
    Télescope de 406 mm à 183x (Ethos de 10 mm + UHC)

    Fatigué de dessiner de grands objets hyper détaillés plongés dans un champ riche en étoiles, j'opte pour des cibles plus petites: des nébuleuses planétaires. Mais cette fois-ci je sors vraiment des sentiers battus et me dirige vers la très discrète PK288+0.1 alias "Hofflet 38". Avec l'Ethos de 6 mm et un UHC elle se révèle pâle mais bien visible, sa structure annulaire ressort mais de manière incomplète, de ce fait elle ressemble à un fer à cheval.

    PK288-0.1 (Hoffleit 38) planetary nebula

    Hoffleit 38 (PK288+0.1) - Nébuleuse planétaire dans la Carène
    Télescope de 406 mm à 305x (Ethos de 6 mm + UHC)

    Toujours dans le Centaure voici PK290+7.1 également dénommée "Fleming 1". Elle est bien plus brillante que la précédente et dévoile facilement son disque nébuleux ovalisé, même sans filtre. Son bord ouest apparaît renforcé, comme une portion d'annularité, tandis que l'ovale nébuleux semble scindé en deux parties par une discrète bande sombre. Deux extensions latérales plus faibles sont également perçues, puis en enlevant l'UHC c'est l'étoile centrale qui se montre. Enfin j'en tiens une ! Notons que l'aspect général de Fleming 1 m'a inspiré un surnom pour elle : "L'oeil de Sauron" (cf le Seigneur des anneaux).

    PK290-7.1 (FG1) planetary nebula

    Fleming 1 (PK290+7.1) - Nébuleuse planétaire dans le Centaure
    Télescope de 406 mm à 305x (Ethos de 6 mm + UHC)

    Je passe ensuite à l'un de mes projets dédié à la lunette de 80 mm : faire un beau dessin du grand amas globulaire NGC 104 (4,0m - 50'), aussi appelé 47 Toucan. Avec l'Ethos de 6 mm la vision est impressionnante de finesse. En effet, tout autour du noyau brillant s'étend une myriade de petites étoiles, un véritable poudroiement qui, en vision décalée, s'étend sur presque tout le champ de vision. Magnifique !

    NGC 104 globular cluster

    NGC 104 (47 Toucan) - amas globulaire
    Lunette de 80 mm à 93x (Ethos de 6 mm)

    Après avoir dessiné des dizaines et des dizaines d'étoiles dans 47 Toucan, je décide d'aller rendre visite à l'un de ses voisins apparents, l'amas globulaire ESO 28-19 de 12m que l'on trouve également dans les atlas et catalogues sous le nom de PGC 260239, une référence qui est habituellement attribuée aux galaxies ...! Cet amas est particulièrement lointain puisqu'il se trouve dans le Petit Nuage de Magellan à près de 200 000 années-lumière de notre Système Solaire. Cet éloignement fait qu'il n'est pas facile à résoudre en étoiles, d'ailleurs dans le télescope de 406 mm de l'hacienda des étoiles son aspect est resté diffus. Avec un peu d'attention j'ai noté une petite extension vers l'est, il s'agit probablement d'un bras d'étoiles non résolu.

       ESO 28-19 - amas globulaire dans SMC (Toucan)
      Télescope de 406 mm à 183x (Ethos de 10 mm)

    Pour terminer la soirée, je repère dans la constellation de l'Octant ma prochaine cible : Les galaxies en interaction NGC 6438 (12,5m - 1,2'x1,1') et NGC 6438A. La galaxie principale ressemble à une goutte d'eau très pâle, elle apparaît immédiatement bordée par son très petit compagnon, une sorte de minuscule elliptique qui du fait de son faible diamètre apparent se révèle bien plus lumineuse et plus facile à voir que la grande.

    NGC 6438 et NGC 6438A, galaxies dans l'Octant
    Télescope Dobson de 406 mm à 305x (Ethos de 6 mm)

     

    8ème jour

     

    Nous voilà samedi ! Veille de départ. On n'a pas vu passer la semaine ... et il est déjà temps de commencer à préparer les valises car demain matin nous partirons très tôt. Durant cette dernière journée baignée de nostalgie on en profite pour "buller" un peu, surtout Michael  

    Puis nous rejoignons l'observatoire pour quelques photos souvenirs, nous posons avec le matériel qui nous a servi à admirer le ciel tout au long du séjour.

    Les deux instruments avec lesquels j'ai réalisé les dessins figurant sur cette page: A gauche ma lunette Skywatcher Equinox de 80 mm fixée sur une monture Microstar et à droite le Dobson de 406 mm de la Canelilla.

    L'équipe autour du télescope C14 (355 mm) de l'hacienda (photo : Lionel RUIZ)

    La dernière nuit d'observation fut courte, sauf pour Alexandre, courageux et endurant astronome qui va tenir jusqu'à 1h du matin pour se lever ... à 4h !

     

    De mon côté j'ai mis à profit les quelques heures de début de nuit pour dessiner les quelques derniers objets qui me tenait à cœur de voir avant de retrouver le ciel boréal. Tout d'abord NGC 1313, une spirale aux bras évident dans le 406 mm même si elle était un peu basse sur l'horizon.

    Non loin de cette dernière je déniche dans la Dorade une autre belle galaxie : NGC1672 (10,2m - 6,6'x5,5'). Celle-ci présente pas mal de détails et présente une structure spirale asymétrique.

    ngc 1672 galaxy

    NGC 1672 - galaxie dans la Dorade
    Télescope de 406 mm à 203x (Nagler de 9 mm)

    Et pour terminer en beauté, un petit tour dans le Scorpion afin d'observer l’intriguante "bug nebula" alias NGC 6302 (9,6m - 83"x24"), une très belle nébuleuse planétaire qui arbore d'étranges extensions.

    NGC 6302 - nébuleuse planétaire dans le Scorpion
    Télescope de 406 mm à 366x (Takahashi LE de 5 mm)

     

    9ème jour

     

    Voilà, il est dimanche matin. L'heure des adieux avec le ciel du Chili, le cadre reposant de la Canelilla, et nos amis Nadine et Raymond que nous remercions très fort pour leur disponibilité et leur gentillesse. Nous rejoignons de nuit la station de bus d'Ovalle puis filons vers Santiago où nous attend notre avion. Sur la route nous longeons l'océan Pacifique qui nous offre quelques derniers beaux paysages.

    Comme à l'aller nous faisons halte dans la petite station balnéaire de Los Vilos dont le nom provient de la déformation de "Lord Willow", un pirate anglais qui fit naufrage en ces lieux au 16ème siècle.

    Devant notre avion, prêts à embarquer, la nostalgie nous envahit déjà.... Au revoir Chili !

    chili 2012 LAN chile départ 

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