• Week-end d'observation caniculaire au Montdenier

    La Provence n'échappe pas à la canicule sévère qui marque cette fin du mois de juin 2019. La chaleur qui frappe le sud de la France est accablante mais il fait beau et c'est la nouvelle Lune ... Est-ce raisonnable d'envisager d'aller passer deux jours et deux nuits au grand air brulant pour tenter d'observer le ciel ? Peut-être pas, mais la passion aide à soulever les montagnes et armés de packs d'eau, de bouteilles de citronnades, de brumisateurs et autres barnums offrant un ombrage salvateur nous sommes prêts à affronter le souffle du dragon ! 

    plateau de Valensole

    Avec cette chaleur épouvantable l'atmosphère est chargée de brumes et la transparence de l'air n'est pas idéale, je m'en rends parfaitement compte sur le trajet en voiture. En traversant le plateau de Valensole je jette un coup d’œil au massif du Montdenier où nous avons rendez-vous et il apparaît nettement atténué. Par contre je dois reconnaître que la route est magnifique, c'est la saison où les champs de lavandes sont en fleur, il y a du violet à perte de vue tout autour de moi !

    En m'approchant du Montdenier je gagne de l'altitude et la température perd quelques degrés, voilà une bonne nouvelle ! Alors que sur l'autoroute la température extérieure était de 42°C il ne fait plus que 38°C ... C'est déjà çà de pris. Heureusement le printemps a été pluvieux et l'environnement du massif est encore assez verdoyant. C'est vraiment un bel endroit.

    Les retrouvailles sont joyeuses comme toujours. Puis, malgré la chaleur, il faut trouver la force de monter les télescopes.

    A cette période de l'année la nuit tombe particulièrement tard, nous patientons autour d'un long apéro rafraichissant que l'obscurité se fasse. A près d'une semaine seulement du solstice d'été la durée de la nuit noire est réduite à une peau de chagrin, mais nous sommes prêts à en profiter. Au delà de 23h la Voie Lactée commence à prendre de l'ampleur, son long ruban argenté se dessine avec son lot de régions sombres et de condensations brillantes.

    La planète Jupiter resplendit de tout son éclat juste au dessus du centre galactique

    Une mesure SQM confirme que le ciel est de qualité ce soir, j'obtiens une valeur de 21,77 ce qui n'est pas mal du tout. par contre la turbulence atmosphérique est malheureusement exécrable, la chaleur excessive de la journée en est la cause ...

    La Voie Lactée au niveau du triangle de l'été constitué de Vega, Deneb et Altaïr

    Je commence mes observations du ciel profond avec un amas globulaire particulièrement faible et méconnu de la constellation de l'aigle, il s'agit de NGC 6749 (12,4m - 5,2'). Cet amas apparaît très discret dans le T381 mm à 171x, il est seulement deviné en vision décalée comme une vague lueur diffuse circulaire entourant une étoile d'environ 13,5m. Ce globulaire est à classer parmi les objets "challenges".

    ngc 6749 globular cluster

    NGC 6749 - Amas globulaire dans l'Aigle
    Télescope Sumerian Optics de 381 mm à 171x (Ethos 10 mm)
    Montdenier (04) - SQM 21,77

    Pour la cible suivante je reste dans l'aigle et pointe la nébuleuse planétaire NGC 6778 alias PK34-6.1 (12,3m - 25"x19"). Cet objet est plutôt petit mais il apparaît déjà comme un tout petit disque non ponctuel à 85x. En grossissant à 462x je note que sa forme devient grossièrement rectangulaire. Malheureusement la turbulence est assez forte et je peine à deviner des détails dans sa structure. Je l'observe très longuement et finit à force d'insister par distinguer dans les moments d’accalmie des renforcements lumineux à ses extrémités et une vague barre lumineuse qui la traverse en diagonale. Un semblant d'étoile centrale me titille également l’œil. 

    ngc 6778 planetary nebula

    NGC 6778 - Nébuleuse planétaire dans l'Aigle
    Télescope Sumerian Optics de 381 mm à 462x (Ethos SX 3,7 mm)
    Montdenier (04) - SQM 21,77

    Le problème quand on commence les observations aussi tard le vendredi soir c'est qu'on est vite rattrapé par la fatigue accumulée lors de la semaine de boulot. Je pointe quelques beaux objets juste pour le plaisir sans avoir la force de me lancer dans un grand dessin. Puis e pars rejoindre mon couchage, usé par la chaleur et la fatigue, en espérant que je serai plus vaillant samedi soir !

     

    Le lendemain matin, une bonne surprise nous attend, une brise souffle sensiblement et fait tomber la température de cette atmosphère bouillonnante de quelques degrés. Quelques vautours profitent de ce courant d'air pour tourner au dessus d'un champ, ils semblent avoir repéré une carcasse pour leur repas.

    L'ambiance devient lourde malgré le petit vent et de gros nuages gris commencent à bourgeonner sérieusement au dessus du massif du Montdenier. Le tonnerre gronde, nous nous dépêchons de préparer le barbecue de midi avant qu'un orage éclate, tout en espérant secrètement qu'un peu de pluie tombe l'après-midi pour rafraichir l'air.

    Mais nous n'aurons droit qu'à quelques grosses goutes épars, donc finalement rien de très efficace en terme de climatisation naturelle. Mais la grosse couverture grise n'est pas inutile, elle nous gratifie quand même d'un joli spectacle avec l'apparition de nuages mammatus.

    mammatus 

    A la nuit tombante la couverture nuageuse se déchire progressivement et le ciel étoile reprend ses droits. Le ciel est moins transparent que la veille mais le SQM affiche quand même une bonne valeur de 21,72.

    Le ciel est moins transparent que la veille, mais la Voie Lactée est toujours belle !

    C'est donc parti pour une nouvelle soirée d'observation qui commence par une vision assez correcte de la planète Jupiter. La turbulence est meilleure que la veille et je distingue sans trop de peine la petite ombre noire de Io qui se détache sur la bande équatoriale nord (NEB). Le satellite Io lui même finit par apparaître sur le limbe jovien, voir ce petit point brillant se détacher progressivement du bord de la géante gazeuse est un spectacle toujours plaisant à suivre.

    Jupiter et l'ombre de Io
    Telescope Sumerian Optics de 381 mm à 171x (Ethos de 10 mm)
    Montdenier (04)

    Je passe maintenant au ciel profond et prend NGC 6482 (11,3m - 2,1'x1,8') dans la constellation d'Hercule. Cette elliptique légèrement ovalisée dans le sens NE/SO est facilement visible bien qu'elle apparaisse très petite même à 286x. Ce que l'on remarque en premier c'est qu'une étoile brillante est localisé en plein sur son disque galactique, juste à côté de son discret noyau que j'ai pu distinguer à 462x. 

    ngc6482

    NGC 6482 - galaxie dans Hercule
    Télescope Sumerian Optics de 381 mm à 462x (Ethos SX 3,7 mm)
    Montdenier (04) - SQM 21,72

    Je finis la soirée par un bel objet : la nébuleuse planétaire NGC 6210 (8,8m - 21") dans Hercule.Alors celle-là on ne peut pas la rater, elle est éclatante dans le T381 mm. Son aspect nébuleux est déjà reconnaissable à 85x mais ce qui frappe c'est sa couleur bleue intense et son haut contraste. A 462x la nébuleuse montre de la structure, sa forme générale est ovalisée, son contour présente de nombreuses irrégularités qui donne à l'objet un aspect faisant penser à une tortue (d'où son surnom de tortue de l'espace), et sa bulle gazeuse me paraît plus lumineuse d'un côté et vaguement annulaire. Il s'agit sans contestation d'un bel objet qui mérite le détour !

    ngc6210 planetary nebula

    NGC 6210 - nébuleuse planétaire dans Hercule
    Télescope Sumerian Optics de 381 mm à 462x (Ethos SX 3,7 mm)
    Montdenier (04) - SQM 21,72

     

     

     

    « Eclipse partielle de Lune le 16 juillet 2019

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